dimanche 30 octobre 2016

Lecture: Deux-pièces


J'ai toujours beaucoup apprécié les romans d'Eliette Abecassis, j'ai donc emprunté avec plaisir le dernier opus acquis par ma bibliothèque municipale.

Résumé: « Elle était là, presque nue, devant la piscine, à Molitor. Exposée aux yeux de tous, dans ce grand “paquebot” aux façades couleur terre de Sienne, à l’architecture des années trente… ». Lors d’un défilé, la France de 1946 découvre la bombe atomique du couturier Louis Réard : le bikini. Dans le public, Gaby, une jeune fille « toute frêle, à la peau diaphane » prend des notes. Un jeune homme l’interpelle. C’est Antoine, son grand amour qu’elle n’a plus revu depuis l’Exode. Il a participé à la conception du premier maillot deux pièces…
 Livre minuscule, moins de 80 pages petit format avec gros interlignes, et pourtant un livre qui aborde des sujets forts.
Le plus évident de ces sujets, c'est la libération de la femme avec l'apparition du premier maillot de bain qui dévoile les corps, symbole de la femme qui existe par elle-même. Mais pourtant, comme Gaby le souligne "tu vas voir, ton bikini, qui prétend libérer la femme du costume de bain, il va se transformer en diktat du corps parfait! On n'aura rien gagné!". Au vu de ce qui s'est passé par la suite, des photos dans les magasines et du culte du beau, on peut effectivement se demander si ce fameux bikini a vraiment été une libération pour les femmes!

Mais le livre aborde aussi l'Histoire, au travers de l'échange entre les personnages, la résistance des maquisards, le refus du STO, l'engagement des jeunes hommes aux côtés de De Gaulle, mais aussi la place de la France sur l'échiquier mondial à la fin de la guerre, et son absence criante à Yalta, ou encore l'émergence du conflit entre les communistes et le monde occidental, ou encore l'ambiguité du monde de la culture vis-à-vis du nazisme: "Jamais nous n'avons été plus libres que sous l'Occupation allemande". Et puis l'Histoire, c'est aussi le retour des camps de ces hommes et ces femmes transformés dans leur corps et dans leur coeur, évoqué en filigrane, et qui pourtant tient dans ces quelques pages un rôle prépondérant, présent mais caché, un secret dont on ne parle pas, mais qui pourtant existe.

Quelques pages donc, mais superbes, qui à partir d'un évènement marquant un tournant dans l'histoire de la mode, nous permet de balayer les années qui ont précédé ce défilé!

Lecture: Un chemin de tables


Ma première découverte de Maylis de Kerangal avait été un peu mitigée, mais ce titre trouvé à la bibliothèque m'a donné envie de retenter ma chance.

Résumé: Brasserie parisienne, restaurant étoilé, auberge gourmande, bistrot gastronomique, taverne mondialisée, cantine branchée, Mauro, jeune cuisinier autodidacte, traverse Paris à vélo, de place en place, de table en table. Un parcours dans les coulisses d’un monde méconnu, sondé à la fois comme haut-lieu du patrimoine national et comme expérience d’un travail, de ses gestes, de ses violences, de ses solidarités et de sa fatigue. Au cours de ce chemin de tables, Mauro fait l’apprentissage de la création collective, tout en élaborant une culture spécifique du goût, des aliments, de la commensalité. À la fois jeune chef en vogue et gardien d’une certaine idée de la cuisine, celle que l’on crée pour les autres, celle que l'on invente et que l'on partage.

La lecture de ce roman est beaucoup plus fluide que celle de "Réparer les vivantes": les phrases sont plus courtes, plus accessibles, les chapitres sont brefs, caractéristiques d'une expérience culinaire et d'une expérience de vie.

Ce roman semble presque réel, je me suis demandée si Mauro était vraiment un personnage de fiction. Personnage atypique, étudiant en sciences éco et passionné de cuisine, son coeur balance entre les 2, jusqu'à enchaîner dans une même journée cours à la fac et travail en cuisine.

Cuisinier amateur pour ses amis, leur proposant soir des alternatives bon marché à la malbouffe des fastfoods, il va progressivement envisager de faire de cette passion un métier, se frottant aux cuisines de petits et grands restaurant, affrontant la violence de ces arrière-salles invisibles aux convives, allant jusqu'à sacrifier toute vie personnelle pour se mettre au service de ses clients.
Loin des images édulcorées présentées par toutes les émissions de la télé-réalité, on découvre là l'envers du décor, jusqu'à l'écoeurement, comme Mauro qui finit par tout lâcher.

Mais le roman ne s'arrête pas sur cette note négative, et la fin ouvre un autre univers des possibles, une nouvelle définition du restaurant, lieu de partage et d'échange au travers du partage des plats.

C'est un roman court, incisif, très réaliste, qui nous rappelle que derrière les belles assiettes se cachent des hommes et des femmes, leur investissement, leurs souffrances, leur coeur et leur vie!

mercredi 26 octobre 2016

Lecture: Nora Webster


C'est le libraire de mon oncle qui, ayant souvent discuté avec lui de mes conseils de lectures (je fais périodiquement des listes de lectures pour ma famille ;-)), lui a recommandé le dernier roman de Colm Toibin, que mon oncle s'est empressé de me prêter, avant même de l'avoir lu, pour tenter de remonter mon moral qui plonge dangereusement ces derniers temps.

Résumé: Irlande, fin des années 1960. Nora, qui élève seule ses quatre enfants depuis la mort de son mari, tente de refaire sa vie sous l'oeil critique des habitants de la petite ville où elle vit depuis toujours. Opiniâtre et indocile, elle s'affranchit peu à peu des cancans et s'autorise de menues libertés : prendre des cours de chant, s'acheter une chaîne stéréo... La profondeur des émotions que soulève en elle la musique s'accorde au réveil de sa sensibilité et de sa personnalité.

Ce livre, c'est la vie d'une femme ordinaire, mère de 4 enfants, qui doit réapprendre à vivre après le décès de son mari. Retrouver un travail, gérer la souffrance de ses enfants, se réapproprier le droit de vivre, malgré le regard des autres, autant de sujets auxquels Nora doit faire face.

Chaque membre de la famille doit faire son deuil, chacun à sa manière,  et l'auteur aborde en finesse le sujet difficile de la perte d'un parent ou d'un époux, et la façon qu'à chacun de réagir: comment continuer à vivre quand tout nous rappelle celui qu'on a perdu, comment ne pas culpabiliser de recommencer à vivre, comment aider les autres à gérer leur chagrin....

Sous la surface lisse d'une veuve respectable, on sent émerger la femme volontaire qui prend sa vie en main. Pas de coup d'éclat (ou peu), c'est à petits pas qu'elle avance vers sa liberté: nouveau travail, nouvelle coiffure, nouvelles activités, Nora assume sa nouvelle place dans la famille, mais aussi dans la société.
En même temps que Nora "s'émancipe", ses filles elles aussi trouvent leur place dans la société et le contexte de l'époque: l'une des deux s'implique dans la vie et les évènements politiques du pays, l'autre s'affirme dans ses choix par rapport à sa mère sur la vie qu'elle souhaite mener.

Nora essaye d'être une mère ouverte, à l'écoute, même si ses enfants s'ouvrent finalement peu à elle, comme si la liberté qu'elle leur laisse la prive d'une partie de son rôle de mère. Mais malgré cela, elle est là pour eux, prête à les défendre envers et contre tout, comme elle le fait pour son fils en menaçant de bloquer l'accès à l'école si on ne le remet pas dans sa classe...mais elle le fait sans leur dire, sans s'en vanter, les laissant dans l'ignorance de ce qu'elle fait pour eux. Elle doit pour éduquer ses enfants composer avec le reste de la famille, qui s'immisce dans leur vie, soit par des conseils, soit par le financement des études avec un droit de regard, et elle fait de son mieux pour épauler ses enfants tout en leur laissant assumer leurs responsabilités.
Le changement de Nora va impacter la vie de ses enfants, qui sont eux aussi perturbés par le décès de leur père, et qui vont devoir accepter les décisions qu'elle prend et qui vont chambouler leur quotidien et leurs habitudes: elle vend la maison de vacances, elle reprend un travail et n'est plus là à la sortie de l'école, elle sort le soir.....



C'est un roman tout en douceur, pas de rebondissements, pas de grandes envolées, à l'image de la transformation de Nora, une belle découverte!

jeudi 20 octobre 2016

Lecture: L'amie prodigieuse


Ce livre m'a été recommandé par Miss Léo et Galéa quand je cherchais des lectures pour cet été....il m'a fallu un peu plus de temps que prévu pour le sortir de ma PAL.

Résumé: Elena et Lila vivent dans un quartier pauvre de Naples à la fin des années cinquante. Bien qu’elles soient douées pour les études, ce n’est pas la voie qui leur est promise. Lila abandonne l’école pour travailler dans l’échoppe de cordonnier de son père. Elena, soutenue par son institutrice, ira au collège puis au lycée. Les chemins des deux amies se croisent et s’éloignent, avec pour toile de fond une Naples sombre, en ébullition.

J'avais entendu beaucoup de bien de ce roman, j'ai eu un peu de mal à rentrer dedans. Peut-être aussi parce que je n'avais pas la tête à ça, et que les instants volés ne me permettaient pas de profiter de tout ce qu'Elena Ferrante nous apporte dans ces pages. Mais après ce démarrage difficile, je me suis laissée emporter dans ce quartier napolitain populaire, où les habitants vivent en vase clos, où règnent les conflits intra et extra familiaux, la violence, les rivalités...

L'histoire débute par la disparition de Lila qui s'évanouit corps et biens dans la nature. Elena, sa grande amie, remonte alors le temps pour nous narrer leur histoire.

Dès son plus jeune âge, Lila est une petite fille pas comme les autres, elle ne cherche pas à se faire aimer, elle domine les autres enfants par son intelligence hors norme. Au contraire, Elena est effacée, elle vit dans l'ombre de Lila, toujours derrière, moins brillante, moins audacieuse.... et pourtant c'est elle qui va avoir la chance de pouvoir continuer ses études, malgré l'opposition de sa mère, et devenir une étudiante brillante, alors que Lila quant à elle doit renoncer à l'avenir qui lui est promis pour aller travailler aux côtés de ses parents.
Tout au long du roman, Elena nous décrit cette relation très particulière qui les lie, relation dominée par Lila qui même quand la vie semble privilégier Elena reprend toujours l'ascendant: dominance intellectuelle, puis dominance physique quand elle devient la fille la plus courtisée du quartier...
Elena a besoin de la caution de Lila pour se valoriser, elle s'évalue à l'aune du regard de son amie, ce qui la conduit à se dévaloriser plus qu'à se mettre en valeur.
Je n'ai pas trouvé Lila spécialement sympathique, peut-être parce que je ressemble plus à Elena qu'à Lila, plus suiveuse que meneuse, plus besogneuse que créative. Mais on sent des failles derrière sa façade parfois dure et moqueuse, celles d'une petite fille qui voit ses rêves se briser, et qui tente de forcer son destin en apprenant par elle même, et en trouvant des échappatoires avec les moyens à sa disposition, puisqu'elle ne peut totalement briser le cadre, même si cela impacte parfois négativement son entourage...

Autour de ce duo gravitent leurs familles, leurs voisins, leurs amis, un monde dans lequel on est immergés, voire submergés. C'est une véritable communauté, tout le monde se connaît, les rivalités, les rancœurs, les histoires entre familles régissent le fonctionnement du quartier. C'est à cette vie en vase clos qu'Elena et Lila voudraient échapper, mais seule Elena va pouvoir à travers ses études découvrir ce qui se passe ailleurs, ce qui génère des tiraillements entre ce qu'elle vit au quotidien, et ce qu'elle sait exister à l'extérieur. Lila quant à elle va trouver une solution "interne" pour échapper à sa famille et à l'avenir que ses parents veulent lui tracer, renforçant la distance avec le destin qui semble s'ouvrir à Elena.

Seul petit hic, j'ai été un peu dérangée par la temporalité du livre: j'ai eu du mal à suivre le passage des époques, ne sachant pas toujours à quel âge des filles se situaient les différents épisodes. Elles paraissent très mures très vite, alors même qu'à la fin elles n'ont même pas 18 ans. De même, le roman n'est que peu situé dans le temps, même si les références à la politique ou les modèles de voitures permettent de se situer (à condition de s'y connaître...).

Au final une belle découverte, même si la fin appelle une suite que j'ai hâte de lire!

lundi 17 octobre 2016

Lecture: Maggy Garrisson (BD)


Ce que j'aime particulièrement à la bibliothèque, c'est découvrir des livres et BD que je n'aurais jamais lus si les bibliothécaires ne les avaient pas mis en avant. Je leur en suis extrêmement reconnaissante, car ils me permettent d'élargir mon horizon et mes lectures grâce à leurs conseils!

Aujourd'hui, c'est sur une série de BD que je suis tombée.

Résumé: Même dans l'agence miteuse d'un détective alcoolique, un boulot, ça reste un boulot. Et depuis le temps qu'elle en cherche un, Maggy Garrisson veut bien faire quelques concessions. D'autant qu'il y a toujours moyen de se faire quelques billets, quand on est prêt à aider son prochain et qu'on sait faire preuve d'un minimum de présence d'esprit. Ce qui semble d'ailleurs sacrément manquer à Anthony Wight, son patron, qui s'est fait passer à tabac cinq jours après qu'elle eut commencé à travailler pour lui et qui ne reprend connaissance que pour lui demander de lui apporter son vieux portefeuille à l'hôpital. Menue monnaie, facturette, reçu de parking, coupons pour une salle d'arcade… Pas de quoi faire le déplacement, et pourtant, quand Maggy constate qu'elle est suivie dans la rue, elle flaire le coup fourré. Car sous leur aspect anodin, les coupons semblent susciter une vraie convoitise.

Maggy Garrisson est une femme comme les autres, qui a besoin d'un boulot, qui fait attention à ce qu'elle dépense, cherche un homme, et noie sa solitude dans la bière. Ayant dégotté un travail par relation chez un détective privé alcoolique, elle se retrouve embringuée dans une histoire compliquée qui sert de fil conducteur aux 3 épisodes de ce premier cycle, à partir de 3 coupons pour une salle de jeux qui pourtant paraissaient si anodins....
En parallèle, Maggy va mener ses propres enquêtes, de la recherche du canari de la voisine au propriétaire d'un container vendu aux enchères, avec pas mal de réussite pour une détective amatrice!

J'ai aimé l'ambiance de ces 3 tomes, les personnages très réels, et la vraisemblance du récit qui nous plonge dans les aventures de cette enquêtrice malgré elle.
J'espère que les auteurs ne s'arrêteront pas là et nous donneront le plaisir d'un nouveau cycle!

A découvrir pour tous les amateurs de BD et polars qui sont parfaitement réunis dans ces 3 tomes!

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Nouvelle participation à "A year in England"

dimanche 16 octobre 2016

Lecture: Ce n'est pas toi que j'attendais


Cette BD, j'en avais entendu parler chez Galéa et chez Jérôme, mais j'étais je l'avoue très réticente à la lire. Et puis aujourd'hui, je l'ai trouvée à la bibliothèque...

Résumé: Dans la vie d'un couple, la naissance d'un enfant handicapé est un ouragan, une tempête. Quand sa petite fille naît porteuse d'une trisomie non dépistée, la vie de Fabien s'écroule. De la colère au rejet, de l'acceptation à l'amour, l'auteur raconte cette découverte de la différence. Un témoignage poignant qui mêle, avec délicatesse, émotion, douceur et humour.

Je n'avais pas envie de lire cette BD pour plusieurs raisons: d'abord parce que des gens qui me sont très proches ont été confrontés au risque de trisomie pendant la grossesse, avec le choix ou non de l'amniocentèse, et de ce qui pouvait découler des résultats. Et puis parce que ces sujets là sont extrêmement personnels: tout le monde n'a pas la même façon de réagir, tout le monde n'a pas la même capacité à supporter une situation difficile, et chaque choix est éminemment respectable, qu'on soit d'accord ou non avec la décision prise.

J'avais donc peur de ce que l'auteur pourrait nous dire, des messages qu'il voulait faire passer, mais j'ai eu tort!

Dès le départ, Fabien Toulmé met des mots sur son angoisse, dès la première échographie: la peur que son bébé soit trisomique. Cette angoisse sous-jacente à toute la grossesse, mais qui ne sera jamais confirmée tout au long des examens va se réaliser à la naissance. Et la question n'est pas de savoir ce qu'ils auraient fait ou non si ils l'avaient appris plus tôt, mais ce qu'ils ont vécu en apprenant que leur fille n'était pas "normale". Et plus particulièrement ce que lui a vécu, et comment il l'a vécu: même si sa femme est présente dans son récit, on n'a finalement pas son ressenti à elle, ou alors à travers son ressenti à lui.

Il faut le reconnaître, il m'a profondément ému, en particulier parce qu'il ne cherche pas à se rendre meilleur qu'il ne l'a été. Au départ il a du mal à accepter la nouvelle, à accepter sa fille telle qu'elle est, à voir leur avenir, et il nous le dit franchement. Et il nous montre ensuite comment son amour pour sa fille a éclos, au fil de leur vie commune, comment elle a su trouver sa place dans leur famille.
Il ne nous fait pas la morale, il ne cherche pas à défendre une position, juste à nous dire ce qui s'est passé pour lui, pour eux, et j'ai trouvé cette honnêteté touchante. Dans un monde où on doit être des parents parfaits, où les réseaux sociaux fourmillent de photos de maison rangée, d'enfants parfaitement habillés, et de mamans/papas au top, sans failles et sans faiblesses, reconnaître qu'on est imparfait, que l'amour pour son enfant n'est pas inné mais acquis, et que tout n'est pas toujours si simple me paraît admirable!

Une très belle découverte, merci à Jérôme et Galéa d'avoir planté la petite graine de cette lecture dans ma tête!

samedi 15 octobre 2016

Lecture: Harry Potter et l'enfant maudit


Plus de 3 semaines depuis mon dernier post, manque de temps, manque d'envie, moral dans les chaussettes, autant de raisons qui m'ont tenue éloignée de mon clavier.
Lecture plus difficile aussi, la fatigue me pousse vers la télé et les romans faciles.

Mais l'annonce de la sortie du dernier opus des aventures d'Harry Potter ne pouvait que faire réagir la fan que je suis. Même si ce huitième tome est le texte d'une pièce de théâtre, et non un nouveau roman, je n'ai pas résisté longtemps (1 journée, le temps d'aller l'acheter ;-)).

Résumé:  Être Harry Potter n’a jamais été facile et ne l’est pas davantage depuis qu’il est un employé surmené du Ministère de la Magie, marié et père de trois enfants. Tandis que Harry se débat avec un passé qui refuse de le laisser en paix, son plus jeune fils, Albus, doit lutter avec le poids d’un héritage familial dont il n’a jamais voulu. 
Le destin vient fusionner passé et présent. Père et fils se retrouvent face à une dure vérité : parfois, les ténèbres surviennent des endroits les plus inattendus.

Comme l'ensemble de la série, ce livre est addictif. Le fait d'avoir vu les films de la série permet de personnifier ce texte de théâtre qui demande de savoir imaginer les décors et les liens qu'on ne peut visualiser.
Je pense que la pièce doit vraiment valoir le coup, et j'ai apprécié ma lecture, même si malheureusement la forme qui a été choisie pour cette suite ne permet pas la même profondeur que le reste de la saga: comme pour toute pièce de théâtre, on ne peut multiplier les acteurs, ce qui limite le nombre de personnages et centre l'intrigue sur Harry et son fils Albus, et Drago et son fils Scorpius. Ron, Hermione et Ginny sont bien sûr de la partie, car comment imaginer Harry sans ses fidèles amis, mais on ne retrouve pas les mythiques scènes dans Poudlard, les autres survivants sont parfois évoqués mais inexistants....

Bon moment de lecture, oui, mais loin de ce que les précédents épisodes de la saga nous avaient offert: Harry, Ron et Hermione sont présents, mais c'est comme si vieillir avait disparaître tout ce qui a fait d'eux ce mythique trio. Même si on retrouve un peu l'Hermione moralisatrice de leur jeunesse, leur fonctionnement et leur complicité n'apparaît pas dans cet opus. Ron en particulier est quasi inexistant, et Hermione semble loin de la brillante étudiante qu'elle était pendant les 7 ans à Poudlard. Pas d'aventures magiques extraordinaires, peu de combats magiques, et comment remplacer les cours à Poudlard, les matchs de Quidditch, les portraits qui parlent, les escaliers qui bougent et les incroyables banquets dans la grande salle?

Sans vouloir spoiler l'histoire, ce qui m'a plu ce sont les relations pères/fils compliquées (peut-être me renvoient elles à ce que je vis au quotidien avec mon loulou, dont j'ai tant de mal à trouver les clés), et les mondes parallèles dans lesquels on est plongés, ces mondes qui auraient pu arriver si....

L'analyse peut ne pas donner envie de lire ce nouvel opus, et pourtant je ne regrette pas mon achat (compulsif), parce qu'Harry finalement a vieilli, comme moi, et que ce héros qui a été confronté a bien des épreuves magiques se retrouve face à l'épreuve peut-être la plus compliquée de sa vie: l'éducation de son fils!

J'espère que la pièce sera adaptée en France, et que j'aurai le plaisir d'aller la découvrir "en vrai"!

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Nouvelle participation à "A year in England"