vendredi 16 septembre 2016

Lecture: La fractale des raviolis


Pas de roman policier pour ma lecture du jour, mais un roman découvert encore une fois grâce à un superbe billet de Miss Léo.

Résumé: Il était une fois une épouse bien décidée à empoisonner son mari volage avec des raviolis. Mais, alors qu'approche l'instant fatal, un souvenir interrompt le cours de l'action. Une nouvelle intrigue commence aussitôt et il en sera ainsi tout au long de ces récits gigognes. Tout ébaubi de voir tant de pays, on découvre les aventures extraordinaires d'un jeune garçon solitaire qui, parce qu'il voyait les infrarouges, fut recruté par le gouvernement ; les inventions stratégiques d'un gardien de moutons capable de gagner la guerre d'Irak ; les canailleries d'un détrousseur pendant l'épidémie de peste à Marseille en 1720 ou encore la méthode mise au point par un adolescent sociopathe pour exterminer le fléau des rats-taupes. 

A partir d'un fait somme toute banal, une femme qui veut assassiner son mari qui la trompe (:-)), on découvre des histoires qui se déboitent comme des poupées russes, avant de se remboîter, pour revenir au point de départ.

Cette lecture a vraiment été une très belle découverte: les histoires se déroulent comme au fil des pensées, des associations d'idées permettent de passer de l'une à l'autre, fil ténu qui relie chaque épisode à ceux qui l'entoure. On n'a qu'une envie, découvrir ce qui se cache dans les pages qui suivent!

Les récits sont croustillants, courts et pourtant complets: ils pourraient exister seuls, comme un recueil de nouvelles, mais la prouesse de l'auteur est en faire un roman cohérent qui nous emporte d'un épisode à l'autre, avec une symétrie qui permet de rebasculer vers l'origine du récit, comme une pelote débobinée qu'on rembobine.

Ce roman se dévore pour enfin atteindre son point final plein d'humour et d'ironie, un point final qu'on n'attend pas, et qui pourtant est juste ce qu'il fallait pour clore en beauté cette superbe découverte!

Ces raviolis sont à consommer sans modération, un grand merci encore une fois à Miss Léo pour ce conseil!

Lecture: Les petites filles


La rentrée est très compliquée cette année, au boulot et à la maison, où mon Souriceau a du mal à se remettre à l'école, je n'ai donc pas beaucoup de temps pour lire, et encore moins pour écrire. Mes chroniques en retard n'avancent pas, la pile a plutôt tendance à augmenter :-(

Compte-tenu de mon état de fatigue et de mon peu de temps et de concentration, les romans policiers ont ma préférence, dont "Les petites filles" que le billet de Miss Léo m'avait donné envie de découvrir.

Résumé: Bénévole dans une association qui s'occupe d'enfants, Lina est partie poursuivre ses études à Mou di en Chine. Thomas, lui, enquête pour une ONG sur les disparitions d'enfants (principalement des petites filles) qui sévissent depuis des décennies dans cette région reculée. La jeune femme accepte de lui servir d'espionne sur place où elle découvre vite les ravages de la politique de l'enfant unique. Mais ses questions vont semer le trouble dans le village. Quand un mystérieux assassin se met à éliminer un à un tous ceux qui semblaient savoir quelque chose, elle comprend que le piège est en train de se refermer sur elle...

 J'ai beaucoup apprécié ce roman qui alterne entre deux époques à 20 ans d'écart, et j'ai surtout été touchée par la partie concernant le passé. L'héroïne de 1991, c'est Sun, une jeune villageoise mère d'une petite fille, et enceinte d'un deuxième enfant, ce qui va à l'encontre de la politique de l'enfant unique imposée par l'Etat. Mais cette jeune femme courageuse est prête à braver cette politique pour garder sa fille, alors qu'il est courant que les familles se débarrassent de cette progéniture gênante pour tenter d'obtenir le Graal, un fils!

Rien de nouveau dans ce que nous raconte Julie Ewa, mais à travers son récit, et les personnages qu'elle met en scène, elle rend plus réel et proche de nous ce qui s'est passé si loin. Les femmes sont très présentes dans cette histoire, et pas toujours pour le positif: les jeunes femmes,  victimes de cette loi qui ne leur autorise qu'un enfant, et soumises au diktat culturel de l'importance du fils, elles d'avoir choisir entre se soumettre ou se battre. Et si Sun choisit de se révolter, les autres courbent la tête. Les vieilles femmes ont quant à elles souvent basculé dans le camp des bourreaux, humiliant leurs belles-filles incapables d'enfanter des fils, tuant les filles à la naissance... Cette cruauté de femmes qui ont pourtant elles-aussi vécu cela (sans pour autant avoir connu la contrainte de l'enfant unique), ces femmes qui ont souffert d'être nées femmes se retournent vers les plus jeunes pour les martyriser comme elles ont certainement dû l'être.
Et puis il y a les petites filles, qui ne sont même pas déclarées, qui peuvent disparaître sans que personne ne dise rien, ne fasse rien, que leurs parents n'hésitent pas à vendre au plus offrant. Ces petites filles qui ne comprennent pas pourquoi un jour elles sont arrachées à leurs racines, pour disparaître dans l'inconnu.
Tout en finesse, Julie Ewa nous rappelle ce qu'il peut advenir de ces petites filles après leur disparition, adoption pour les plus chanceuses, mais pour les autres trafic d'organe, prostitution... Elles sont l'objet d'un marché dont la politique de l'enfant unique a favorisé l'essor, permettant qu'elles disparaissent avec l'accord de ceux qui devraient la protéger, ses parents.

Comme Miss Léo, j'ai moins apprécié la partie "contemporaine" du récit, en particulier parce que Lina n'est pas vraiment crédible, elle est trop naïve, et à sa place je n'aurais jamais suivi en arrivant à l'aéroport un type que je ne connaissais pas.

Mais l'ensemble du roman fonctionne bien, les pièces du puzzle s'imbriquent au fur et à mesure pour une conclusion bien amenée. Une belle découverte, merci à Miss Léo!

dimanche 11 septembre 2016

Lecture: REVƎR


J'avais bien aimé "La mémoire fantôme", du même auteur, quand j'ai trouvé ce nouvel opus dans les nouveautés de la bibliothèque, je n'ai pas hésité.

Résumé: Si ce n'étaient ses cicatrices et les photos étranges qui tapissent les murs de son bureau, on pourrait dire d'Abigaël qu'elle est une femme comme les autres. 
Si ce n'étaient ces moments où elle chute au pays des rêves, on pourrait jurer qu'Abigaël dit vrai.
Abigaël a beau être cette psychologue qu'on s'arrache sur les affaires criminelles difficiles, sa maladie survient toujours comme une invitée non désirée. Une narcolepsie sévère qui la coupe du monde plusieurs fois par jour et l'emmène dans une dimension où le rêve empiète sur la réalité. Pour les distinguer l'un de l'autre, elle n'a pas trouvé mieux que la douleur.
Comment Abigaël est-elle sortie indemne de l'accident qui lui a ravi son père et sa fille ? Par quel miracle a-t-on pu la retrouver à côté de la voiture, véritable confetti de tôle, le visage à peine touché par quelques bris de verre ? Quel secret cachait son père qui tenait tant, ce matin de décembre, à s'exiler pour deux jours en famille ? Elle qui suait sang et eau sur une affaire de disparitions depuis quelques mois va devoir mener l'enquête la plus cruciale de sa vie. Dans cette enquête, il y a une proie et un prédateur : elle-même

Travaillant sur une enquête d'enlèvements d'enfants, Abigaël voit son destin basculer quand son père et sa fille meurent dans un accident de voiture dont elle seule réchappe. Mais tout est invraisemblable dans la situation, et la jeune femme tente de comprendre ce qui a pu conduire son père sur cette petite route de campagne, et à les emmener vers la mort. Cette quête vers la vérité va se retrouver reliée à l'enquête sur les enlèvements, la poussant à creuser toujours plus loin, au risque de sombrer dans la folie!

Avant même de commencer le roman, l'auteur s'adresse aux lecteurs, et nous prévient qu'on va être chahutés dans le temps, qu'il faut bien suivre les indications en tête de chapitre pour ne pas se perdre. Mais il n'y a pas que ça! Tout comme Abigaël, nous sommes ballotés entre rêves et réalité, tentant de comprendre avec l'héroïne si ce qu'on lit est réel ou l'expression de ses rêves, tout comme elle se demande si elle est dans le rêve ou la réalité.

Ce mélange des époques et des rêves/réalité nous plonge au plus profond de l'histoire, nous déroute, et nous entraîne aux côtés d'Abigaël dans une enquête haletante, ou l'on ne distingue plus le vrai du faux, ou tout s'imbrique pour mieux nous perdre, et nous emmener jusqu'à la fin de ce roman prenant.

Ce livre nous emporte, je n'ai pu le lâcher qu'une fois terminé, un bon roman policier à découvrir sans hésiter!

mercredi 10 août 2016

Lecture: La chute du British Museum


Une fois encore, c'est dans les recommandations des autres participants du mois anglais que j'ai pioché cette lecture.

Résumé: La Chute du British Museum raconte une journée dans la vie pas si ordinaire d'Adam Appleby, jeune universitaire. Par la grâce de Lodge, Adam se retrouve propulsé dans une série d'aventures trépidantes. Le monde entier semble se liguer contre lui : dès le matin, sur le chemin du fameux musée où il prépare sa thèse, un embouteillage provoqué par les Beatles retarde son arrivée. Puis, dans la bibliothèque, une délégation chinoise entoure son siège attitré, qui fut celui de Karl Marx. Et ce n'est que le début de cette comédie réjouissante, menée à un rythme effréné.

Le roman partait bien: dès le début on est plongés dans les soucis d'Adam et de sa femme, heureux parents de 3 enfants, et extrêmement inquiets d'en avoir mis un quatrième en route. Catholiques pratiquants, il leur est inconcevable d'utiliser autre chose que la méthode naturelle de régulation des naissances, ce qui génère chez eux stress et inquiétudes, sans parler d'une vie de couple plus que compliquée....
Je dois avouer que compte-tenu de mes années dans un collège privé catholique non-mixte, le sujet me parlait, nombre de mes condisciples de l'époque étant persuadées que la contraception était répréhensible, et que la méthode naturelle était très efficace. Loin de moi l'idée de juger les opinions de qui que ce soit, chacun a le droit d'avoir ses convictions, mais cela m'a permis de bien comprendre ce qui torturait la conscience d'Adam et de Barbara.

Malgré ce démarrage prometteur, je suis passée à côté de cette lecture. Peut-être que cela demandait trop de concentration pour mon esprit en vacances, mais je ne suis pas rentrée dans le roman. On bascule parfois dans l'imaginaire d'Adam sans préavis, ce qui a rendu ma lecture difficile, et il accumule tellement les péripéties dans la même journée que j'ai eu du mal à suivre, perdant certainement le côté comique de la situation en essayant d'atteindre les dernières pages de ce roman. Les situations sont tellement surréalistes que cela m'a perdue, et ne m'a pas permis de rentrer dans l'histoire.

Au final, une lecture sans véritable plaisir, même si j'ai été jusqu'au bout, ne serait-ce que pour savoir ce qu'il allait advenir de notre héros....

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Nouvelle participation à "A year in England"


lundi 8 août 2016

Lecture: Une étude en soie






Encore un roman découvert pendant le mois anglais, chez Irene Cannibal Lecteur, et qui ne pouvait que tenter l'adepte de Sherlock Holmes que je suis.

Après une petite soeur dans Enola Holmes, cette fois-ci c'est une nièce qui est créée à notre célèbre détective.

Résumé: Evelina Cooper, la nièce de Sherlock Holmes, s’apprête à vivre sa première saison dans la haute société londonienne. Mais quand de terribles meurtres secouent le manoir de son amie et hôte, la jeune femme se retrouve plongée au cœur d’un complot remettant en question le monopole des barons de la vapeur sur la ville. Une enquête à hauts risques. D’autant qu’Evelina cache un dangereux secret et qu’elle ignore auquel de ses compagnons elle peut vraiment se fier : le beau et brillant aristocrate débauché qui fait battre son cœur ou son meilleur ami forain, qui ferait n’importe quoi pour elle.

L'univers créé dans ce roman est un peu déroutant par rapport aux aventures de Sherlock ou à celle d'Enola Holmes, car on est dans ce cas plongés dans un Empire Britannique soumis à la tutelle d'industriels sans scrupules, les "Barons de la Vapeur", qui contrôlent l'approvisionnement en énergie de Londres via le contrôle de la vapeur. Ajoutez à cela un zeste de magie, et on sort de l'univers cartésien de Conan Doyle, pour entrer dans un monde où Sherlock reste Sherlock, mais où d'autres puissances jouent un rôle loin de la logique habituelle de notre détective.

Une fois qu'on a franchi ce pas, et intégré l'univers d'Evelina, on est emportés par le roman. Comme dans Enola Holmes, ce membre ajouté de la famille Holmes détonne du milieu d'où elle vient. Elevée dans un cirque, Evelina n'a intégré le milieu de sa famille maternelle que tard, et même si elle tente d'entrer au mieux dans le moule de cette aristocratie qui l'accueille, elle reste très marquée par ses origines, et par la volonté de réussir autrement que par un beau mariage. Elle va pourtant être présentée à la Reine, comme de nombreuses débutantes, pour pouvoir faire son entrée dans le monde, et trouver un bon parti, mais le destin va la rattraper....

Malgré l'aspect fantastique du roman lié à la magie, on est plongés dans cet univers victorien des convenances, les jeunes hommes tenus de respecter leur rang en public, le bal des débutantes, le choix des tenues et le remplissage du carnet de bal, le choix d'un mari convenable.... Cela donne un fond de réalisme au roman, et accentue la différence d'Evelina par rapport à ses consoeurs.

Roman policier, mais aussi roman d'amour (le choix cornélien d'Evelina entre Tobias et Nick est digne d'un bon roman de gare, mais ne gâche ne rien le plaisir de la lecture), roman fantastique, ce livre m'a emporté, et laissé sur ma faim car il ouvre sur une suite qui n'existe pas encore (en tout cas pas en France). Mon plus grand regret:Sherlock Holmes n'y est que peu présent, en particulier au début, et les allusions à ses aventures sont très légères, malgré le titre du roman. Il reste cependant conforme à lui-même, peu soucieux des conventions et d'autrui, et j'ai aimé son ouverture à l'occulte, lui le grand spécialiste des "faits".

Au final, une découverte intéressante, qui laisse espérer une suite qui éclairera les questions laissées en suspens!

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Participation à "A year in England"





samedi 6 août 2016

Lecture: Agatha Raisin enquête - Tome 1: La quiche fatale


C'est grâce à Cryssilda et Lou, et au concours organisé pendant le mois anglais, que j'ai pu lire le premier tome des enquêtes d'Agatha Raisin.

Résumé: Sur un coup de tête, Agatha Raisin décide de quitter Londres pour gouter aux délices d'une retraite anticipée dans un paisible village des Costwolds, où elle ne tarde pas à s'ennuyer ferme. Afficher ses talents de cordon-bleu au concours de cuisine de la paroisse devrait forcément la rendre populaire. Mais à la première bouchée de sa superbe quiche, l'arbitre de la compétition s'effondre et Agatha doit révéler l'amère vérité : elle a acheté la quiche fatale chez un traiteur. Pour se disculper, une seule solution : mettre la main à la pâte et démasquer elle-même l'assassin.Agatha Raisin, c'est une Miss Marple d'aujourd'hui. Une quinqua qui n'a pas froid aux yeux, fume comme un pompier et boit sec. Sans scrupule, pugnace, à la fois exaspérante et attendrissante, elle vous fera mourir de rire!

Un grand merci pour cette découverte, j'ai dévoré ce roman en une petite après-midi, c'est une lecture absolument parfaite pour un début de vacances au bord de la piscine!

Agatha Raisin, c'est la personne qu'on n'imagine pas dans un petit village de la campagne anglaise: femme dynamique, gérant d'une main de maître son agence de relations publiques, vivant à Londres et se nourrissant de plats tout faits et de surgelés, rien chez elle ne laisse penser qu'elle est faite pour la vie campagnarde. C'est pourtant là qu'elle décide d'aller passer sa retraite, dans un petit cottage entièrement redécoré par un décorateur.
On se retrouve plongés dans un petit village tellement typique qu'on se croirait presque revenus au temps de Miss Marple: la femme du pasteur qui anime les bonnes oeuvres, les ragots et commérages, les liaisons adultères, et les concours multiples et variés, dont celui de la meilleure quiche!

En voulant s'intégrer dans le village, et en participant à ce fameux concours, Agatha va déclencher un enchaînement de faits plus rocambolesques les uns que les autres, du décès par absorption de quiche  à la vente aux enchères du village, en passant par le concours canin, les sorties du club des femmes...
Enquêtrice malgré elle, et malgré les avertissements de la police locale, Agatha va résoudre le meurtre, et prendre sa place dans le village.

On se prend à l'histoire, on s'attache à cette détective en herbe qui cherche juste à trouver sa place dans le village où elle a décidé de se retirer, et à trouver comment s'occuper pour cette retraite peut-être un peu précipitée.
Ce roman, on n'a aucun mal à le mettre en image, à visualiser Agatha tentant de réaliser sa première quiche, ou perdue dans les meubles et la déco qu'elle n'a pas choisie. Les habitants sont plus vrais que nature, on imagine sans peine la voisine acariâtre, le couple du pasteur, et comme Agatha, on découvre et on s'attache à ce village finalement pas sans histoires!

J'ai hâte de pouvoir découvrir la suite des aventures d'Agatha!

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 Nouvelle participation à "A year in England"!

vendredi 5 août 2016

Lecture: Black-out



 L'avantage de participer au mois anglais et à "A year in England", c'est qu'en plus du plaisir de lire et de partager mes lectures anglaises, j'enrichis chaque fois ma PAL pour le challenge suivant!

Ce mois de juin n'a pas déçu mes attentes, grâce à tous les participants j'ai toute une liste de livres qui m'ont tentée, à commencer par "Black-out".

Résumé: Londres, 1944. La Luftwaffe donne son assaut final sur la capitale déjà exsangue et les Londoniens se précipitent dans les abris souterrains. Au milieu du chaos, un bras coupé est exhumé par un groupe d'enfants jouant sur un site bombardé de l'East End. Le sergent détective Frederick Troy, de Scotland Yard, parvient à relier cette découverte à la disparition d'un scientifique de l'Allemagne nazie. Il met au jour une chaîne de secrets menant tout droit au haut commandement des Alliés, et pénètre les mystères d'un monde corrompu, peuplé de réfugiés apatrides et d'agents secrets.

Roman policier sur fond historique, cette histoire se déroule dans le Londres bombardé par les Allemands, et mêle enquête policière, espionnage, intérêts politiques, émergence de la rivalité est-ouest.....

Pour moi, la grande force de ce roman ce sont ses personnages: Frederick Troy d'abord, issu d'une famille russe qui a émigré en Angleterre, et qui s'est détourné de son milieu aisé pour entrer dans la police, tout comme Wildeve, son acolyte. Flic brillant mais tourmenté, pris entre ses origines étrangères et son pays, pays qui a enfermé son frère ainé pourtant héros de guerre, entre son éducation et son métier, entre une sergent américaine et une lady qui comme lui rejette ses racines, flic têtu qui n'écoute que son instinct, au mépris de tout, y compris de sa propre vie, c'est un héros comme je les aime, avec au moins autant de faiblesses que de forces, ceux qui rendent les romans réalistes.

Mais autour de Troy gravitent de nombreux autres personnages atypiques et qui rendent extrêmement vivant ce roman: le médecin légiste plus vrai que nature, l'oncle de Troy, scientifique brillant qui tient tribune en pleine rue, et se promène en moto avec une ogive, Larissa Tosca, le sergent américain qui dévergonde Troy, et Lady Diana Brack, cette énigmatique aristocrate qui s'encanaille avec les communistes, mais aussi Onions, le chef de Troy, Bonham, sous les ordres de qui il a fait ses premiers pas dans la police.....

En plus de la richesse de ses personnages, le roman nous entraîne dans une intrigue digne d'un vrai roman d'espionnage: l'enquête policière nous emmène au quartier général américain à Londres, dans les coulisses du MI5, mais aussi dans les bas-fonds de Londres et les cellules de sympathisants communistes. Troy se retrouve en plein coeur d'une affaire mêlant des espions, des scientifiques exfiltrés, et nous naviguons à sa suite dans les eaux troubles de la politique en période de guerre.

L'ambiance du Londres en pleine guerre est très bien rendue, on vit les explosions, le couvre-feu, le décalage entre les foules massées dans les couloirs du métro pour tenter de se mettre à l'abri, et les gens de la haute société qui continuent d'aller au concert en tenue de soirée....
 
Si j'ai parfois été un peu perdue à cause du grand nombre de personnages (ils ne sont pas tous faciles à différencier, pour se rappeler qui est qui), et de l'intrigue parfois un peu complexe pour mon cerveau un peu fatigué, j'ai beaucoup apprécié cette lecture et la découverte d'un nouvel enquêteur londonien!
 
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Nouvelle participation à "A year in England"