mardi 8 août 2017

Lecture: Au fond de l'eau

 
J'avais apprécié la lecture du précédent roman de Paula Hawkins, "La fille du train", et la critique d'Eva m'a donné envie de lire le suivant, que j'ai eu la chance de dégotter à la bibliothèque le week-end dernier!

Résumé: Une semaine avant sa mort, Nel a appelé sa sœur, Julia. Qui n’a pas voulu lui répondre. Alors que le corps de Nel vient d’être retrouvé dans la rivière qui traverse Beckford, leur ville natale, Julia est effrayée à l’idée de revenir sur les lieux de son enfance. De quoi a-t-elle le plus peur ? D’affronter le prétendu suicide de sa sœur ? De s’occuper de Lena, sa nièce de quinze ans, qu’elle ne connaît pas ? Ou de faire face à un passé qu’elle a toujours fui ? Plus que tout encore, c’est peut-être la rivière qui la terrifie, ces eaux à la fois enchanteresses et mortelles, où, depuis toujours, les tragédies se succèdent.

Point très positif de ce roman, Paula Hawkins nous plonge totalement dans l'atmosphère pesante qui entoure ses personnages et son histoire: tous ont des secrets qui leur pèsent, et telles des poupées russes ces secrets émergent l'un après l'autre au fil du récit. L'alternance des narrateurs ajoute à cette atmosphère, nous perdant dans la subjectivité des points de vue pour nous tenir en haleine jusqu'à la révélation finale, à la toute fin du roman.
Secrets de famille, mensonges, lieu chargé d'histoire, tout est là pour garantir le suspense, et je n'ai lâché le roman qu'une fois terminé!

Cette multiplication des histoires qui s'enchevêtrent est pour moi à la fois un point fort de ce roman, car il maintient la tension pour le lecteur, un peu à la façon d'un Broadchurch où chaque secret pourrait mener à la résolution de l'énigme, mais aussi un point faible à mon sens car j'ai eu l'impression qu'on restait à la surface à chaque fois, en particulier pour le final, et qu'il me manquait des explications (mais je n'en dis pas plus pour ne pas gâcher la lecture de celles et ceux qui ne l'ont pas encore lu).

Si l'ambiance est parfaitement rendue, j'ai trouvé dommage que l'histoire du "Bassin des noyées" n'ait qu'un rôle de toile de fond, de décor pour l'ambiance, et pas plus de place dans le récit.

Malgré ces petits bémols, une lecture prenante qui confirme la première impression laissée par cet auteur!

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Première participation à "A year in England 2017"

mercredi 2 août 2017

Lecture: La dernière fugitive


Tracy Chevalier est un auteur dont j'apprécie la plume, j'avais déjà lu d'elle "La jeune fille à la perle et  "La Dame à la Licorne".
Grâce aux recommandations du Mois anglais 2017, j'ai emprunté "La dernière fugitive".

Résumé: 1850. Après un revers sentimental, Honor fuit les regards compatissants des membres de sa communauté quaker.
Elle s'embarque pour les Etats-Unis avec sa soeur, Grace, qui doit rejoindre son fiancé.
A l'éprouvante traversée s'ajoute bientôt une autre épreuve : la mort de Grace, emportée par la fièvre jaune. Honor décide néanmoins de poursuivre son voyage jusqu'à Faithwell, une petite bourgade de l'Ohio.
C'est dans cette Amérique encore sauvage et soumise aux lois esclavagistes, contre lesquelles les quakers s'insurgent, qu'elle va essayer de se reconstruire
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Loin de l'ambiance des précédents romans que j'ai lus, ce récit ne tourne pas autour d'une oeuvre d'art, mais nous emmène dans l'Amérique du 19ème siècle, aux côtés d'Honoré, une jeune Quaker anglaise.
Après avoir quitté l'Angleterre pour fuir la honte de l'abandon et la pitié de sa communauté, Honor perd sa soeur et se retrouve seule en pays inconnu. Elle l'est d'autant plus qu'à cause des difficultés d'acheminement du courrier entre l'Angleterre et les Etats-Unis son futur beau-frère ne l'attend pas, et que sa présence dérange le foyer dans lequel elle arrive.
Malgré son attirance pour un séduisant chasseur d'esclaves, elle épouse un jeune homme de sa communauté, afin de ne pas en être exclue, mais peine à s'intégrer dans sa nouvelle famille. En accord avec les principes de sa foi, elle va tenter d'aider les esclaves fuyant le Sud pour rejoindre le Canada, allant jusqu'à quitter son mari pour suivre ses principes.

Ce roman est très riche, il aborde de nombreux thèmes qui nous ouvrent des champs de réflexion.
Tracy Chevalier y évoque le développement de l'Amérique et l'implantation de colons venus d'Angleterre, avec la difficulté d'intégrer un pays sans histoire, où tout est à construire. Honor arrive avec ses habitudes, sa façon de penser, et même si elle entre dans une communauté qui partage sa foi, elle a du mal à trouver sa place et ses repères.
Dans cette Amérique qui se développe, l'esclavage règne, et nul ne peut s'y opposer sous peine de sanctions pouvant aller jusqu'à tout perdre. Mais des femmes et des hommes aidaient malgré tout les fugitifs. J'ai découvert grâce à ce roman le "chemin de fer clandestin", ce réseau mis en place pour permettre aux esclaves de gagner la liberté. Et les quakers, la communauté d'Honor, ont joué un rôle important dans ce chemin de fer.
Je n'avais jamais entendu parler des quakers, Tracy Chevalier nous fait pénétrer dans leur univers par le biais de son héroïne. Avec Honor on découvre leur façon de vivre, les règles de simplicité qui régissent leur vie, leur culte et l'importance du silence et de la lumière intérieure, mais aussi les règles de vie de la communauté, que ce soit pour décider d'un mariage, exclure quelqu'un de la communauté.... Et dans ces habitudes de vie il y a pour les femmes la réalisation de quilts
en patchwork (jai compris de ma lecture que les quilts sont des genres d'édredons). Ce sont des éléments indispensables du trousseau d'une jeune mariée, et les femmes de la communauté se réunissent pour les réaliser. Cadeaux personnalisés, ils sont le souvenir de ceux qui l'ont réalisé pour ceux qui les possèdent.
Dans le roman la réalisation des quilts en elle même est symbolique du changement de vie d'Honor: les femmes de sa nouvelle communauté n'ont pas la même façon de procéder, elles ne font pas un véritable patchwork qui prend du temps, et Honor juge au départ cette méthode moins noble, mais elle va apprendre à apprécier aussi cette façon de faire, comme elle va devoir apprendre à trouver sa place dans la société américaine.

Honor est une héroïne attachante, malgré l'abandon par son fiancé elle prend son destin en main en suivant sa soeur, et elle va continuer à avancer envers et contre tout pour atteindre la destination prévue. C'est une femme de coeur et de principes, elle préfèrera renoncer à sa place dans la communauté plutôt que de renoncer à aider les esclaves en fuite, car il lui semblerait alors renier les principes mêmes de sa foi.
Même si le roman met en avant l'importance que des gens s'engagent pour aider les autres, il soulève la difficulté de suivre ses principes quand les conséquences peuvent être fatales, ou quand l'expérience amère a déjà été faite que le risque encouru est grand. Il nous montre aussi qu'il n'est pas facile de juger des décisions des autres sans savoir ce qui les motive, comme Honor le fait au départ avec sa belle-famille, et aussi que parfois il faut savoir nuancer et ne pas surestimer sa propre valeur dans un système global.

Une très belle découverte qui confirme que quel que soit le terrain choisi, Tracy Chevalier m'emmène avec ses héroïnes en me faisant découvrir des pans de culture et d'histoire que je ne connaissais pas.

vendredi 7 juillet 2017

Lecture: Un jour


Ce roman était la lecture commune du premier jour du "Mois Anglais 2017", mais comme je ne fais rien dans l'ordre, chez moi ce sera le dernier billet de ce challenge :-)

Résumé: Comédie de moeurs, tableau social de l'Angleterre des vingt dernière années, mais surtout sublime histoire d'amour, "Un jour" est le livre qui a fait chavirer l'Europe toute entière. Superbement construit, un roman drôle et lucide sur l'amitié, le passage à l'âge adulte, les occasions manquées, les illusions perdues.
Lui, Dexter, issu d'un milieu aisé, séduisant, sût de lui, insouciant. Elle, Emma, d'origine modeste, charmante qui s'ignore, bourrée de complexes, de principes et de convictions. Nous sommes le 15 juillet 1988. Margaret Thatcher est au pouvoir, la new wave bat son plein. Dexter et Emma viennent de passer une nuit ensemble. Ces deux-là ne le savent pas encore, mais ils ont vécu un coup de foudre. D'année en année, Dexter et Emma vont se chercher, se perdre, s'aimer, se détester, se séparer, et finir par comprendre qu'ils ne sont jamais aussi heureux que quand ils sont ensemble. Nous sommes le 15 juillet 2004. Tony Blair est Premier ministre, Robbie Williams cartonne, et la vie, la vie qui va, réserve encore bien des surprises...

Sur presque 20 ans, on va suivre Emma et Dexter à travers le récit d'un seul jour par an, le 15 juillet, le jour où ils ont failli être amants, et sont devenus amis. Amitié surprenante entre une jeune femme d'un milieu modeste, militante, animée de convictions fortes, et un jeune homme beau, riche, venant d'une famille aimante, sûr de lui, qui va durer dans le temps malgré les aléas de la vie.

Malgré ses brillants résultats scolaires, Emma va commencer par vendre des tacos, et il lui faudra du temps pour s'épanouir et enfin trouver sa voie et le courage de réaliser ses rêves. Elle est sérieuse, réfléchie, peu sure d'elle et souvent seule. Au contraire, Dexter profite de la vie: il voyage sans contraintes, avant de se lancer dans la télévision, de cotoyer la célébrité. Il boit, fume, enchaîne les aventures, tout semble lui réussir mais la vie se charge de lui montrer que le monde de la télévision n'est qu'éphémère, et qu'on peut vite être remplacé.

Tout semble les séparer, mais rien ne rompra ce lien qui les unit. Ce roman pose d'ailleurs l'éternelle question de l'amitié homme/femme: est-ce possible d'être réellement amis, sans aucune arrière pensée?

Le concept de la narration m'a beaucoup plu, ce flash annuel sur la vie des deux héros, qui permet de balayer 20 ans sans être noyés. On s'attache aux personnages, on suit leur passage de l'âge étudiant à l'âge adulte, les difficultés que ça représente. La vie de nos héros n'est pas un long fleuve tranquille, et c'est ce qui les rend proches de nous!

Ce roman se lit facilement, parfait pour les vacances!

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Dernière participation au mois anglais 2017!

jeudi 29 juin 2017

Lecture: Le témoignage du pendu


J'avais lu le premier tome des aventures de Lizzie Martin et Ben Ross l'an dernier pour le mois anglais, il m'avait beaucoup plu, et j'ai donc continué à suivre notre charmant duo d'enquêteur au fil des tomes. 
Pour cette lecture commune du mois anglais 2017, c'est du 5ème tome que je vais vous parler!

Résumé: Un homme destiné à la corde dirait n'importe quoi pour sauver sa vie. Mais que faire si son témoignage était vrai? Lorsque l'inspecteur Ben Ross est appelé à la prison de Newgate par un homme condamné à mort, il ne s'attend pas à accorder le moindre crédit à son témoignage. Mais le récit d'un assassinat dont il a été témoin il y a plus de dix-sept années est si convaincant que Ben ne peut s'empêcher de se demander si ce qu'il a entendu est vrai. S'il n'est trop tard pour sauver la vie de l'homme, peut-il encore enquêter sur un crime passé inaperçu pendant toutes ces années?

On retrouve dans ce roman Lizzie et Ben, qui sont maintenant mariés.
Ben, appelé par un condamné à mort décidé à soulager sa conscience, se retrouve face à un dilemme: faut-il ou non croire l'histoire de cet homme, dit-il la vérité, ou veut-il juste gagner du temps avant son exécution? 
Sans l'autorisation de sa hiérarchie, c'est sa femme qui va tenter de vérifier si le témoignage du pendu est vrai. Accompagnée de Bessie, sa fidèle domestique, et de Wally Slater, le sympathique cocher rencontré dès son arrivée à Londres par Lizzie, elle va tenter de retrouver les lieux évoqués par le condamné. Cette recherche va déclencher des réactions en chaine, permettant de résoudre cette affaire vieille de plus de 15 ans.

En parallèle, Ben est chargé par un homme de retrouver sa femme et sa fille, qui ont disparu de son domicile. Par un étrange hasard, Ben l'a croisé à son retour de la prison, dormant dans la rue, ce qui le pousse à remettre en question les allégations du mari prétendant qu'elles ont été enlevées...

Les intrigues sont bien menées, mais ce roman nous offre aussi une véritable réflexion sur la place de la femme dans la société de cette époque: Lizzie ne pourrait être embauchée par la police, même si à chaque fois elle apporte une aide déterminante aux enquêtes de son mari.
La jeune femme disparue n'avait aucune liberté, son mari la séquestrant presque, l'empêchant de sortir, d'avoir des relations sociales, mais au final malgré ses torts il garde tous les droits sur leur fille...

Encore une fois une lecture sympathique qui nous ouvre des pistes de réflexion au-delà du simple plaisir de l'enquête policière.

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Participation à la lecture commune sur Ann Granger dans le cadre du mois anglais 2017

mercredi 28 juin 2017

Lecture: Ma vie (pas si) parfaite



Que serait un mois anglais sans check-litt, et en particulier sans Sophie Kinsella qui m'a accompagnée sur les 2 précédents! Je n'avais pas envie de lire encore un épisode de la saga de l'"Accro du shopping" (un peu lassant à force), mais la critique lue chez Eva de ce nouvel opus de la romancière m'a donné envie de le lire.

Résumé: À Londres et dans le Somerset, de nos jours. Sorties culturelles, soirées animées, restos branchés, job de rêve dans une grande agence de pub, d’après ses comptes Facebook et Instagram, Katie, 26 ans, vit la vie géniale des it-girls de Londres. En réalité, elle loue une fortune une chambre minuscule dans une coloc à presque deux heures du centre, vit sur un budget tellement serré qu’elle doit parfois choisir entre un repas et un « mokaccino » hors de prix et travaille pour une boss cauchemardesque. Et quand cette dernière décide de la virer sous un prétexte pour le moins léger, Katie n’a d’autre choix que de rentrer chez son père dans le Somerset. Mais pas question de se laisser abattre. Londres ne veut pas d’elle ? Katie va trouver un moyen de faire venir Londres à elle et de faire de la ferme familiale l’endroit le plus hype de tout le Royaume-Uni. Tellement hype qu’il pourrait bien attirer les hipsters de la capitale et avec eux, de vieilles connaissances… 

Rien à dire, ce roman tient ses promesses de lecture feel-good: l'héroïne est attachante, elle a d'abord de nombreux ennuis avant que la chance tourne et qu'elle ait enfin la vie presque parfaite qu'elle mérite...
Je dois avouer que vu les péripéties familiales de ces derniers jours, c'était exactement ce qu'il me fallait pour me détendre, et pouvoir lire sans me prendre la tête.

Mais il y a quand même dans ce roman quelques pistes de réflexions, et en particulier la différence entre ce que l'on est et ce que l'on montre de soi, ainsi que sur la (mauvaise) influence des réseaux sociaux sur notre vie. J'ai déjà vu fleurir des discussions sur la toile à propos de ces images parfaites qu'on trouve sur Instagram, sur les blogs ou Facebook, montrant des intérieurs parfaits, des enfants parfaits, des vacances parfaites.... A rendre jalouse n'importe quelle mère débordée dont l'intérieur ressemble plus à un bazar sans nom, qui ne rêve que d'un peu de temps sans ses petits monstres.... Autant vous dire que je suis plus proche de la version "ma vie pas si parfaite" finalement créé par Katie, et que je ne risque pas de vous faire partager une version idyllique de mon home sweet home, ou de mes créations culinaires, mais plutôt mes tentatives de pâtisserie ou de couture par exemple ;-)

Le roman aborde aussi les relations parents/enfants: on a la relation de Katie et de son père, qui l'a élevée seul, basée sur un amour extrêmement fort, mais du coup de la part de Katie la peur de décevoir son père, l'incompréhension sur le choix de vie....; d'un autre côté, la relation de Demeter et de ses enfants, très largement influencée par la culpabilité de cette mère qui travaille et tente de compenser son manque de présence auprès de ses enfants, ou encore la relation d'Alex et de son père, l'homme qui a réussi, mais qui au final n'a pas de lien avec son fils.... Là encore les familles parfaites n'existent pas, même si elles le paraissent, et il ne faut pas se fier aux apparences!

Je vous rassure, toutes ces réflexions ne sont peut-être que le fruit de mon imagination délirante, et pas du tout une volonté de l'auteur (ce que je me disais d'ailleurs à chaque fois que je faisais un commentaire de texte en français, et qu'on tentait de faire dire au texte plein de choses que l'auteur n'avait peut-être même pas envisagé), et le principal de ce roman est qu'il est parfait pour un bon moment de détente sans prise de tête, je vous le recommande sans hésiter pour votre sac de plage!

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Participation au mois anglais 2017

samedi 24 juin 2017

Lecture: Meurtres en copropriété

Je ne sais plus si j'avais repéré ce roman dans un challenge du mois anglais ou de "the english year", toujours est-il que j'ai profité de cette nouvelle édition du mois anglais pour découvrir un nouvel auteur de roman policier!

Résumé: Quoi de plus paisible que le Yorkshire en automne? C'est ce que s'imagine le superintendant Duncan Kincaid, fraîchement promu et déjà surchargé de travail.
Et donc, quand son neveu lui propose de profiter d'une semaine dans une résidence en copropriété, il accepte; pensant se reposer et lire quelques bons livres. Alors qu'il vient de faire la connaissanve de e que le hasard a réunis dans la maison pour quelques jours, Duncan découvre le corps de Sebastian, le sous-directeur de l'établissement, flottant dans la piscine du manoir. Penny MacKenzie, une vieille demoiselle écossaise, a vu quelque chose qui a peut-être un rapport avec la mort de Sebastian. Mais elle souffre de la maladie d'Alzheimer et, prudente, hésite à faire part de ses soupçons. On la retrouve sur le court de tennis, le crâne défoncé. Puis c'est Hannah Alcock, une scientifique, qui est retrouvée victime d'une tentative de meurtre. Quelqu'un l'a poussée dans l'escalier. L'enquête de la police locale piétine: le superintendant prend alors la direction des opérations et appelle à la rescousse sa jeune collaboratrice, Gemma James.

Premier roman de Deborah Crombie, et première enquête de Duncan Kincaid et Gemma James, j'ai apprécié cette nouvelle paire d'enquêteurs, même si j'attends de voir sur la suite comment les deux héros vont évoluer par rapport à ce qu'on découvre dans le premier épisode.

Au démarrage du roman j'ai d'abord cru que Kincaid était un vieux routier de la police, je trouve que c'est qui transparaît de la mise en place du roman. Et pourtant c'est un jeune prodige de la police londonienne, étoile montante à l'évolution très rapide. Et visiblement bien fait de sa personne si l'on en croit les réactions de toutes les femmes gravitant autour de lui! Son duo avec Gemma me fait un peu penser au duo Lynley/Havers d'Elizabeth George, même si pourtant Kincaid n'a rien d'un aristocrate, que Gemma est une jeune mère divorcée, donc aucun point commun qui pourrait expliquer cette impression.

Au niveau de l'enquête, l'intrigue est bien menée, je n'ai pas vu venir le dénouement, mais par contre je n'ai pas bien compris ce qu'apportait à l'histoire l'intérêt porté par Kincaid à la médecin du coin (peut-être que c'est une ouverture pour les romans suivants, à voir). 
Premier roman concluant, un policier facile à lire, bien mené, j'attends de découvrir la suite pour voir si la suite des aventures de Duncan et Gemma sera à la hauteur de ce premier épisode!

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Participation à la lecture commune "Polar " dans le cadre du mois anglais 2017

lundi 19 juin 2017

Lecture: La lettre qui allait changer le destin d'Harold Fry


Ce roman faisait partie de ceux que j'avais repéré lors du mois anglais 2015, mais à l'époque je ne l'avais pas trouvé à la bibliothèque, j'avais à la place emprunté "Deux secondes de trop", du même auteur.
Deux ans plus tard, j'ai enfin pu découvrir ce roman qui m'avait bien tenté!

Résumé: Ce matin-là, lorsqu'Harold Fry quitte son appartement pour aller poster une lettre, fermant la porte sur son épouse qui passe l'aspirateur, il est loin de se douter que cette promenade deviendra une traversée de l'Angleterre. Sans boussole ni carte, sans téléphone ni chaussures de marche, il fait le premier pas. La seule chose qu'il sait c'est qu'il doit absolument continuer. Pour sauver une vie. 
Jeune retraité à la vie bien rangée, malmené par une épouse exaspérante dans ses paroles et ses gestes, Harold Fry reçoit un matin une lettre d'une vieille amie perdue de vue depuis longtemps qui lui annonce sa mort prochaine. Un courrier auquel il doit répondre. Une réponse qu'il s'empresse d'aller porter à la boîte aux lettres la plus proche, une impulsion qui lui dicte d'aller jusqu'à la prochaine.... Harold sort de la ville, animé par l'intuition qu'il doit remettre cette lettre en main propre à son amie. Et que, tant qu'il marchera, elle vivra. Poussé par cette conviction indéfectible, Harold entame alors un véritable pèlerinage à travers le pays. L'occasion pour lui de réfléchir sur sa vie, ses regrets, son avenir.

Je ne sais pas pourquoi, ce roman m'a un peu fait penser à "Forrest Gump". Pourtant il n'y a absolument rien de commun entre les 2, mais mon subconscient m'a mis ces images dans la tête, peut-être ai-je ramené la marche de Harold à la course de Forrest.

Harold est un retraité à la vie monotone, il cohabite avec sa femme mais ils ne partagent plus rien, et quand il reçoit la lettre d'une ancienne collègue, son destin bascule. En tenue de ville et chaussures bateau, après une discussion avec une jeune femme dans une station service, il décide d'aller en marchant retrouver Queenie, pour la maintenir en vie. Démarche utopique, mais il va s'accrocher, tenir le coup, et cette marche va lui permettre de réfléchir sur sa vie, sur ce qu'il fait, en bien ou en mal, et s'éloigner de sa femme va finalement le conduire à la retrouver.
Cet éloignement, très mal vécu au départ par sa femme, qui se sent abandonnée, va lui permettre à elle aussi de revenir sur ce qui les a séparés, et de retrouver le fondement de leur couple.

Harold laisse derrière lui tout le superflu, il renoue des contacts avec les autres, mais l'effet pervers est qu'il devient une sorte de modèle, au point qu'il perd à la fois son indépendance et d'un certain côté l'objectif qu'il se fixait, en n'osant pas repousser ceux qui le rejoignent pour l'accompagner.

Ce roman nous invite à réfléchir à ce qui est important pour nous, et à l'importance de toujours se battre pour ceux qui nous sont chers. Ne jamais lâcher, toujours y croire, je sais à quel point c'est important, nous l'avons vécu pour ma mère comme pour mon père. Se savoir important pour quelqu'un, savoir que quelqu'un est prêt à repousser les limites pour soi est une aide inestimable, même si parfois on ne peut hélas rien contre le destin.

Harold ne pourra changer le destin de Queenie, mais grâce à cette lettre, il donne une nouvelle orientation à sa vie, rouvrant son coeur à l'autre et à lui même.

Une belle découverte faite grâce au mois anglais!

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Participation au mois anglais 2017