dimanche 15 mai 2016

Retour du mois anglais


Juin approche, et avec lui le Mois Anglais, organisé par Cryssilda et Lou. Après une première participation l'an dernier, suivie d'une année en Angleterre avec Titine, me revoilà pour une deuxième édition!

J'ai déjà en magasin "Bryanston Mews" d'Anne Perry, et "L'appel du coucou", de Robert Galbraith, qui me permettront au moins une participation à la lecture commune du 5 juin, ainsi qu'une ou 2 séries (si j'arrive enfin à terminer Happy Valley...).

Pour le reste, ce sera comme l'an dernier, au feeling et en fonction de ce que je trouverai à la bibliothèque, en me basant sur les conseils des autres participants, qui m'ont l'an dernier permis de découvrir des auteurs et des univers!

Vivement juin!

samedi 7 mai 2016

Lecture: Le Livre des Baltimore


J'avais adoré "La vérité sur l'Affaire Harry Québert", et comme je n'arrivais pas à l'avoir à la bibliothèque, j'ai fait appel à un collègue dont la femme est prof de français, et qui me prête régulièrement et très gentiment ses bouquins.

Le temps de finir le 2ème épisode de Pénélope Green, et profitant du long week-end, du beau temps, et de la cheville en vrac de ma fille, j'ai dévoré ce nouvel opus de Joël Dicker.

Résumé:Jusqu'au jour du Drame, il y avait deux familles Goldman. Les Goldman-de-Baltimore et les Goldman-de-Montclair.
Les Goldman-de-Montclair, dont est issu Marcus Goldman, l'auteur de La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert, sont une famille de la classe moyenne, habitant une petite maison à Montclair, dans le New Jersey.
Les Goldman-de-Baltimore sont une famille prospère à qui tout sourit, vivant dans une luxueuse maison d'une banlieue riche de Baltimore, à qui Marcus vouait une admiration sans borne. 
Huit ans après le Drame, c est l'histoire de sa famille que Marcus Goldman décide cette fois de raconter, lorsqu en février 2012, il quitte l'hiver new-yorkais pour la chaleur tropicale de Boca Raton, en Floride, où il vient s'atteler à son prochain roman.
Au gré des souvenirs de sa jeunesse, Marcus revient sur la vie et le destin des Goldman-de-Baltimore et la fascination qu'il éprouva jadis pour cette famille de l'Amérique huppée, entre les vacances à Miami, la maison de vacances dans les Hamptons et les frasques dans les écoles privées. Mais les années passent et le vernis des Baltimore s'effrite à mesure que le Drame se profile. Jusqu'au jour où tout bascule. Et cette question qui hante Marcus depuis : qu'est-il vraiment arrivé aux Goldman-de-Baltimore?

Je n'ai pas été déçue, j'ai une fois encore beaucoup aimé (ouf, c'est toujours le risque quand on a eu un coup de coeur pour un livre). Pourtant, cela fait plus de 3 ans que j'ai lu Harry Québert, du coup je ne me souvenais pas particulièrement de Marcus, mais cela ne pose pas de problème pour la lecture.

Parti en Floride pour écrire son nouveau roman, Marcus tombe par hasard sur son amour de jeunesse, et cela fait remonter ses souvenirs sur les années passées avec ses cousins, sur les liens qui les unissaient et sur le Drame qui a mis fin à cette période heureuse.
Au fil des pages, Marcus retrace pour nous cette partie de son histoire, et finit par trouver les clés qui lui permettront de regarder enfin vers l'avenir.

J'ai trouvé ce roman très riche en thèmes de réflexion. Dicker y aborde le sujet de la réussite sociale et de l'argent, si typiquement américain, et de l'importance qu'a l'image qu'on renvoie: Marcus compare les belles maisons, les belles voitures.... de son oncle et sa tante avec ce que ses parents ont, et il en éprouve de la honte, comme si la réussite seule avait de l'importance. A travers ses yeux d'adolescents, on s'attarde sur les signes extérieurs de la réussite, mais cela peut cacher bien des choses, comme il le découvrira à ses dépends.
Le roman nous parle aussi de l'importance d'être aimé et admiré, et de la jalousie qui va avec: finalement, les liens qui semblent si sains et si simples sont tous biaisés par l'envie que chacun a avoir la première place dans le coeur des autres, et c'est ce qui conduira une histoire qui semblait heureuse à une fin dramatique.
J'ai aussi beaucoup aimé la découverte par Marcus des secrets familiaux, qui remet en question tout ce qu'il pensait savoir: j'ai vécu ça avec mes cousins et cousines, quand au cours d'un dîner on a vidé le sacs des ressentiments parentaux, qui nous empoisonnaient la vie sans qu'on s'en rende compte, parce que la façon dont mes grands-parents traitaient leurs enfants ont conditionnés nos rapports de façon inconsciente, nous poussant à faire nôtres des réflexions qui n'avaient pas lieu d'être.

On se laisse prendre au jeu, on veut connaître la fin de l'histoire, ce "drame" annoncé dès le début par Marcus, et on cherche avec lui à comprendre ce qui s'est passé. Et je n'ai pas été déçue, j'ai aimé d'un bout à l'autre, et je vous le recommande sans hésiter!

mardi 3 mai 2016

Lecture jeunesse: Penelope Green, Tome 1 - La chanson des enfants perdus

Même si ce roman est la dernière lecture de ma fille (et la mienne aussi), on ne peut pas parler de lecture enfant dans la mesure où il est recommandé à partir de 13 ans par l'éditeur).

Résumé: Une jeune fille journaliste, dans le Londres du XIXe siècle, c'est encore une rareté. Mais Penelope Green n'a pas froid aux yeux, et elle est prête à affronter les voyous de l'East End et de Whitechapel aussi bien que les messieurs bien mis d'un certain club de la vengeance qui ont quelque chose à cacher. Un musicien assassiné, un mystérieux médaillon d'or, et la voilà qui part à la recherche de la vérité, malgré le danger. Heureusement qu'elle n'est pas seule : elle vient d'embaucher un jeune marin français pour lui servir de garde du corps, voire d'assistant. Ils ne seront pas trop de deux, Cyprien et elle, pour venir à bout d'une affaire tortueuse qui touche Penelope de bien plus près qu'elle ne l'aurait pensé, quand elle a fait ce premier pas dans les quartiers de misère, accueillie par une étrange musique...

Encore un roman policier que ma fille a beaucoup aimé, malgré ses 387 pages, et le fait que c'est quand même pour plus grands, puisqu'elle n'a que 8 ans (et demi maman!!!!!). Cela dit même si au final il n'y a pas de problème, j'aurais dû lire le livre avant de lui laisser, et non l'inverse, comme cela s'est passé. C'était Mr Souris qui lui avait acheté, sans regarder l'âge recommandé, et il faut qu'on soit plus vigilants sur ce qu'on lui laisse lire, d'autant que comme elle ne veut que des romans policiers, ça peut vite dériver....

Pénélope Green a 17 ans. Elle vient de perdre son père, et se retrouve seule à une époque où une jeune fille de bonne famille n'est pas censée vivre seule sans tuteur ou chaperon, et encore moins devenir journaliste. D'une certaine façon, et à un niveau jeunesse, elle me fait penser à Maisie Dobbs ou aux héroïnes d'Anne Perry: c'est une jeune femme intelligente, volontaire, qui veut vivre sa vie librement, faisant fi des conventions sociales de l'époque.
Mais c'est aussi une jeune fille de 17 ans seulement, qui se retrouve confrontée à la pauvreté et la violence des quartiers qu'elle ne connaissait pas, à la misère d'enfants de son âge obligés de jouer de la musique ou mendier dans les rues pour survivre...
Avec l'aide de Cyprien, un marin français en escale à Londres, elle va venir à bout de la dernière enquête de son père, au péril de sa vie.

J'ai trouvé l'enquête très bien menée,  même si certains indices m'avaient déjà mise sur la piste (mais j'ai eu besoin du dénouement de l'enquête pour avoir tous les tenants et aboutissants), avec une petite touche de romance pour ces demoiselles, ce qui ne gâche rien (oui, je suis toujours un peu midinette).
Le roman est parfois assez sombre, on se retrouve plongés dans les bas-fonds londoniens avec réalisme, et on touche à la misère humaine et à ce que l'Homme peut avoir de pire en lui. Sans vouloir entrer dans les détails qui gâcheraient la lecture en révélant le mystère, il y a des sujets que je n'aurais pas forcément voulu que ma fille découvre (même si je ne suis pas sure qu'elle ait tout compris, cela fait peut-être appel à des connaissances de la vie et de la nature humaine qu'elle n'a pas encore). Je vous rassure, on est loin des polars adultes, ça reste une lecture jeunesse, et peut-être est-ce mon regard adulte plus sensible à ce type de sujets qui en fausse mon interprétation.
Mais ce n'est pas qu'un roman policier, la satyre de la société fait sourire, j'ai adoré les passages avec Wilfrid Hillier (le prétendant de Pénélope) et sa mère, véritables caricatures de leur époque!

Pénélope est une héroïne très attachante, et je me plongerai avec plaisir dans le tome 2 (qu'il faudrait ce coup-ci que je lise avant ma fille, même si je viens de récupérer "Le livre des Baltimore" qui me tente au moins autant, et qui est pour mon âge ;-)).

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L'auteur est française, mais l'action se déroulant à Londres, et l'héroïne étant une jeune Londonienne, cette lecture est une nouvelle participation à "A year in England"





mardi 26 avril 2016

Lecture: Le chagrin des vivants


Glané sur les présentoirs de la bibliothèque, ce premier roman est une belle trouvaille.

Résumé: Durant les cinq premiers jours de novembre 1920, l'Angleterre attend l'arrivée du Soldat inconnu, rapatrié depuis la France. Alors que le pays est en deuil et que tant d'hommes ont disparu, cette cérémonie d'hommage est bien plus qu'un simple symbole, elle recueille la peine d'une nation entière. A Londres, trois femmes vont vivre ces journées à leur manière. Evelyn, dont le fiancé a été tué et qui travaille au bureau des pensions de l'armée ; Ada, qui ne cesse d'apercevoir son fils pourtant tombé au front ; et Hettie, qui accompagne tous les soirs d'anciens soldats sur la piste du Hammersmith Palais pour six pence la danse. Dans une ville peuplée d'hommes incapables de retrouver leur place au sein d'une société qui ne les comprend pas, rongés par les horreurs vécues, souvent mutiques, ces femmes cherchent l'équilibre entre la mémoire et la vie. Et lorsque les langues se délient, les coeurs s'apaisent.

Trois femmes, trois destins bouleversés par la guerre, chacun à leur façon. Ada, qui a perdu son fils, ne peut accepter sa mort, et perd progressivement l'autre homme de sa vie, son mari. Elle se raccroche à une lettre qu'elle n'a pas reçue pour espérer encore, pour tenter de repousser l'insurmontable.
Evelyn, la fille de bonne famille, a perdu son fiancé. Elle s'est engagée à son tour après sa mort, dans une usine de munitions, et ensuite au bureau des pensions, au contact des soldats rentrés au pays.
Hettie enfin, dont le frère est rentré, mais qui n'est plus vraiment là. Elle devient alors d'une certaine façon soutien de famille, obligée de donner sa paye à sa mère pour entretenir ce frère qui ne vit plus, alors qu'elle voudrait juste pouvoir s'acheter de jolies robes pour aller danser.
Trois femmes, dont les destins vont se croiser sans qu'elles n'en sachent rien, unies par ce qui s'est passé au front, loin d'elles, et qui pourtant pèse si lourd dans leur vie.

En parallèle du retour du Soldat Inconnu à Londres, cet homme sans nom symbole d'une nation et d'une guerre, symbole de tous ceux qui périrent au front, ce roman nous parle de tous ceux qui sont restés, et de tous ceux qui sont rentrés, de leur place dans la société, dans le nouveau monde issu de cette guerre: femmes veuves avant d'avoir épousé l'être aimé, qui ne s'accordent plus le droit de vivre; mères sans enfants, qui doivent accepter l'inacceptable; soldats obligés de mendier, de faire du porte-à-porte pour gagner de quoi subsister et faire vivre leurs familles... Et pour tous, le poids de la culpabilité: culpabilité du survivant, culpabilité de celui qui n'a pas réussi à aider son camarade, culpabilité des femmes qui restent, qui assument, mais qui désespérément veulent vivre, par delà la mort qui a tout submergé.

J'ai été happée par ces destins croisés, mais dont les liens ne se dénouent qu'au fil du roman, nous plongeant dans la pesanteur de cette époque où vouloir vivre peut sembler le comble de l'impudeur, et finalement, c'est pourtant la vie qui l'emporte, malgré toutes les souffrances passées.
Un beau premier roman, une belle lecture, dans laquelle les femmes trouvent la place que la fin de guerre ne leur a pas toujours laissé, victimes comme les soldats qui emportèrent avec eux leur insouciance, leur jeunesse et leur vie.

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Nouvelle participation à "A year in England"

Lecture: Les Enquêtes du département V


Découverte grâce à mon beau-père, grand amateur de romans policiers, voilà une série danoise qui me plait bien!

Carl Mørck est un policier blessé lors d'une intervention qui a mal tournée, et au cours de laquelle un de ses équipiers a trouvé la mort, et l'autre s'est retrouvé paralysé.
D'un caractère difficile, à son retour on le place à la tête d'un département tout juste créé, le département V, chargé de résoudre des anciennes affaires non classés.
Avec l'aide de son assistant, un syrien très spécial, et par la suite d'une secrétaire un peu folle, il se replonge dans le passé pour tenter de les résoudre.

J'aime les personnages, Carl et sa vie compliquée, son ex-femme, son beau-fils, son locataire, son ami qui finit par atterrir chez lui, Assad dont la vie et le passé sont de véritables mystères, dont on découvre de petites bribes en même temps que Carl, Rose, la foldingue qui adopte les identités de ses soeurs, mais aussi tous ceux qui gravitent autour de ce trio formidable.
Les enquêtes sont bien menées, et même si il y a en fil rouge l'histoire de Mørck et de la fusillade, les romans peuvent se lire indépendamment (j'ai commencé au deuxième, et après avoir lu les 2, 3 et 4, je viens de commencer le 1).

Une bonne série à découvrir!

Lecture enfants: Les enquêtes d'Alfred et Agatha





















Découverte grâce à Bianca dans le cadre d'"A year in England",  la série des enquêtes d'Alfred et Agatha a fait son entrée dans la bibliothèque de Miss Souricette.

Tome 1 - Résumé: Si Alfred Hitchcock et Agatha Christie s'étaient rencontrés lorsqu'ils étaient enfants, quelles aventures auraient-ils pu vivre ensemble ? Après avoir fait atterrir un avion de sa fabrication sur la perruque du poissonnier, le jeune Alfred se retrouve en prison, pour une nuit. Il y fait la connaissance d'un détenu, Victor. Le jeune homme clame son innocence et supplie Alfred d'aller demander de l'aide à Agatha Miller. Dès sa sortie, le garçon se rend à l'adresse indiquée par Victor. Quelle n'est pas sa surprise de découvrir qu'Agatha a 10 ans, comme lui ! Et la fillette, qui a monté une agence de détectives, lui apprend que Victor, le jardinier ses riches voisins, est accusé de leur avoir volé des objets de valeur : des oiseaux en or, ornés de pierres précieuses...

Tome 2 - Résumé: En récompense pour ses bonnes notes, Alfred reçoit de son père un shilling en argent. Il va chez son amie Agatha pour le lui montrer. Celle-ci lui présente son voisin, Sir Arthur Conan Doyle, créateur de Sherlock Holmes. Mais Alfred se querelle avec Snouty Jones, la chienne à deux queues d'Agatha. Le lendemain, l'animal a disparu. Agatha est persuadée de son enlèvement.

Première chose, Miss Souricette, première concernée par ses romans, les a dévorés! Ce qui est plutôt bon signe de la part de ma louloute qui n'hésite pas à abandonner un livre qui ne lui plait pas. Elle a même cherché lors de notre dernier passage en librairie si il n'y avait pas un troisième tome.

En mère indigne (mais en confiance grâce à la recommandation de Bianca), je n'ai pas lu ces 2 titres avant de les lui laisser, par contre j'ai quand même voulu voir ce que c'était. Et moi non plus je n'ai pas été déçue par ces lectures!

Je trouve l'idée de faire se rencontrer enfants Agatha Christie et Alfred Hitchcock est excellente, et les deux personnages créés sont très attachants. Les enquêtes sont bien menées, tout à fait accessibles à un public de jeunes lecteurs, mais sans pour autant être trop "gamines". En tant qu'adulte j'ai aussi beaucoup aimé, même si l'intrigue est plus simple à dénouer avant la fin.
D'autre part, les romans sont parsemés de références à la vie réelle et à l'oeuvre des deux héros, mais on retrouve aussi dans le deuxième Sir Arthur Conan Doyle, avec là aussi des références à sa vie et à son oeuvre, en particulier à son abandon temporaire de Sherlock Holmes, et au retour à la vie de ce mythique détective! Et pour qu'à la fois les adultes n'ayant pas vu toutes les allusions et les enfants qui n'ont pas encore toutes les clés pour comprendre puissent apprécier ces petites pierres semées au long des pages, il y a à la fin des romans quelques explications, ce qui ne gâche rien!

Alors pour vos lecteurs en herbe (dès 9 ans, mais ma bonne lectrice de 8 ans n'a eu aucun souci), et même pour vous ;-), n'hésitez pas, et encore un grand merci à Bianca pour ce super conseil!!!!

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Nouvelle participation à "A year in England"

Lecture: Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre



Résumé: Lina est une jeune Lituanienne comme tant d'autres. Très douée pour le dessin, elle va intégrer une école d'art. Mais un nuit de juin 1941, des gardes soviétiques l'arrachent à son foyer. Elle est déportée en Sibérie avec sa mère et son petit frère, Jonas, au terme d'un terrible voyage. Dans ce désert gelé, il faut lutter pour survivre dans les conditions les plus cruelles qui soient. Mais Lina tient bon, portée par l'amour des siens et son audace d'adolescente. Dans le camp, Andrius, 17 ans, affiche la même combativité qu'elle.

J'ai trouvé ce roman sur les présentoirs de la bibliothèque, apparemment c'est un livre jeunesse (Prix des Incorruptibles 2014 des 3ème/2nd, titre recommandé par le ministère de l'Éducation nationale en classe de 3e.), mais je ne m'en suis pas rendue compte en le lisant.

J'ai beaucoup aimé ce livre qui raconte une part sombre mais que je ne connaissais pas de l'Histoire, la déportation des populations baltes par les Soviétiques pendant la Seconde Guerre Mondiale. Cette lecture a résonné avec la lecture que j'avais faire de "Kinderzimmer" parce que là encore on ne tombe pas dans le mélodrame. L'horreur n'est pas cachée, on se heurte à un enfer inimaginable, mais sans voyeurisme.
Ce roman décrit l'horreur, mais là encore, comme dans Kinderzimmer, le courage, l'entraide sont mis en avant. Les survivants n'ont pas survécu seuls, mais grâce à tous ceux qui les ont entourés, et qui ont parfois donné leur vie pour eux.

A travers ses personnages, Ruta Sepetys nous donne une belle leçon d'humanité: personne n'est tout blanc ou tout noir, et même le pire des bourreaux est capable de bonté. J'ai particulièrement été touchée par Elena, la mère de Lina, par son courage, son amour pour ses enfants, sa capacité à voir le bon en l'autre...Lina aussi est attachante, touchante dans sa jeunesse qui ne comprend pas l'incompréhensible, qui, contrairement à sa mère, est tranchée dans ses jugements, qu'elle pose toujours un peu vite, jusqu'à ce qu'elle comprenne que tout n'est pas aussi simple qu'elle le pense.
Et puis il y a le rapport de Lina à la lecture et au dessin, elle qui a mis dans sa valise son livre préféré et de quoi dessiner, malgré les consignes de sa mère.
Le dessin, dernier fil qui la relie à son père, espoir qu'un jour il les retrouve, mais aussi devoir de mémoire, alors même qu'elle ne sait pas si elle survivra, mais elle ressent l'importance de garder une tracer de l'indicible, pour qu'un jour on sache ce qui leur est arrivé.

Une lecture jeunesse qui touche tous les publics, qui m'a beaucoup émue et beaucoup plu, que je vous recommande sans hésiter!