mercredi 10 décembre 2014

Lecture: La part de l'aube


Parce que je n'étais pas motivée, que je n'arrivais pas à lire de livres "sérieux", j'ai été pioché celui qui me paraissait le plus simple à lire dans la pile de ma table de chevet.

Résumé: Lyon, septembre 1777. Antoine Fabert est avocat au barreau lyonnais. De l'avis général, c’est le meilleur de tous. Pourtant, il n'a jamais plaidé, contrairement à Prost de Royer, son célèbre ami et associé.
Des écrits gaulois sont découverts à Fourvière, les textes d'un druide du nom de Louern, qui vont propulser Antoine au centre d'une bataille pour le rétablissement de la réalité historique. Cette bataille portera en elle les prémisses de la révolution des esprits.
Antoine et ses proches, Antelme de Jussieu, historien paralytique, Camille Delauney, rédacteur de la première gazette sur l'actualité locale, et la comédienne de l'Ambigu-Comique Michèle Masson seront confrontés à un groupe d'espions baptisés les Lugduniens sur la trace du trésor du druide Louern, dont la découverte pourrait à elle seule renverser la royauté.
S’affirmant comme le Ken Follett français, Éric Marchal tisse, sur le thème des origines de la France, une passionnante course-poursuite qui nous plonge dans les arcanes de la justice, de la presse, de l’imprimerie et du théâtre, à la veille de la Révolution française. Une aventure où il faudra aussi compter sur des araignées tisseuses de fils d'or, l'avènement de la poire de terre et la fin du monopole de la boulangerie lyonnaise, le procès d'un musicien inculpé de meurtre, le baquet magnétique de Mesmer, une pièce de théâtre dont l'auteur n'existe pas, et l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert.

J'aime beaucoup Ken Follet, comment ne pas avoir envie de découvrir un auteur français dans la même veine?
Je dois avouer que je me suis laissée prendre à ce roman: dès les premiers mots, début du récit gaulois, j'ai eu envie de connaître le fin mot de l'histoire. Comme Antoine, j'ai voulu comprendre ce que racontaient ces textes, savoir à quel trésor menaient ces écrits si recherchés. Pour moi la trame d'aventure est réussie, puisque je n'ai pas eu envie de lâcher ce livre avant d'avoir atteint la dernière page (quitte à me coucher à pas d'heure....)

Ce roman est aussi un genre de roman historique, on y croise Marie-Antoinette, Voltaire, Parmentier ou Mesmer, on y parle de l'Encyclopédie et de ses rédacteurs, on découvre comment les Gaulois étaient perçus à l'époque (on est loin des gentils villageois résistant à l'envahisseur romain ;-)), on assiste à la fin du monopole de la boulangerie....
Je suis incapable de garantir la véracité des faits, leur exactitude et leur datation, mais le rendu n'est pas abrupt, et rend le roman plus réel. Tous les métiers de la cité sont abordés, justice, presse, commerce, loterie, immobilier, théâtre, clergé, représentants de la monarchie, on y découvre vie courante, fêtes et coutumes, je me suis vraiment retrouvée plongée dans le Lyon d'il y a 3 siècles.

Les personnages sont tous à leur manière très attachants, avec leurs qualités et leurs défauts, et même si Antoine Fabert se détache comme le personnage principal de l'histoire, tous apportent leur contribution à la réussite de ce récit. Ce qui m'a vraiment plu, c'est que les personnages sont "vrais", même les bons ont leurs faiblesses, on peut s'identifier à eux, se mettre à leur place, et du coup rentrer avec eux dans l'histoire.

Au final, je n'ai pas forcément été autant embarquée que dans un Ken Follet (mais les derniers que j'ai lus étaient en plusieurs tomes, ça aiguise l'envie), mais ça a été un bon moment de lecture!

samedi 6 décembre 2014

Ma maison biscornue

Pas d'erreur dans le titre, cet article ne parlera pas de lecture (en ce moment je n'avance pas dans mes lectures, honte à moi, je n'ai même pas réussi à rentrer dans "Un monde flamboyant", je l'ai laissé de côté), mais bien de mon "Home, Sweet home".

Ca fait quelques temps que j'ai ce sujet en tête, depuis qu'on réfléchit à déménager pour se rapprocher d'un collège correct pour les enfants (mon fils étant très influençable, on sent bien qu'il va falloir lui trouver un environnement cadré pour éviter les dérives...).
J'ai donc lancé la chasse à la perle rare, enfin pour être honnête pour l'instant j'ai surtout mis des alertes dans les coins qui nous intéresse de prime abord, pour voir ce qui existe dans notre budget (et bizarrement, je voudrais bien avoir un beaucoup plus gros budget, ou alors partir vivre hors de la Région Parisienne :-( )

Cette recherche, on l'a déjà menée 2 fois: la première, on avait fini par acheter un appart' sur plan, tout beau tout neuf, c'est plus facile de s'imaginer dans du blanc que dans les papiers peints de mamie ;-) Et puis quand les enfants ont commencé à grandir, Monsieur Souris a eu envie d'une maison. Pour moi qui avais toujours vécu en appartement, ce ne fut pas si simple: je suis une grande trouillarde, alors une maison sans voisins, où un voleur (ou pire) peut rentrer..., je le sentais moyen. Et puis une maison, c'est de l'entretien, un jardin dont il faut s'occuper, des galères qu'on n'avait pas prévu....

Cela dit, on a fixé nos critères, et on est parti en chasse. On voulait une maison avec 3 chambres et un bureau, une maison non mitoyenne, avec un jardin ni trop petit ni trop grand, une maison dans une zone définie pour que je sois proche de mon boulot.... On en a visité des maisons, mais on n'avait jamais de coup de coeur. Et puis on a finit par en trouver une....mais elle était trop loin des écoles, alors on a rajouté le critère de l'école. Je dois avouer que visiter des maisons avec 2 Souriceaux de 2 ans, ce n'était pas une mince affaire, leur patience ayant des limites, et leur courir après en s'assurant qu'ils ne touchent à rien ne permettait pas d'apprécier les visites ! Pourtant, certaines maisons avaient sur le papier tous les critères qu'on souhaitaient, mais on ne s'y voyait pas. Jusqu'au jour où on est rentré dans ce qui est maintenant notre maison: habitée par un couple de notre âge, meublée sobrement, elle nous a plu direct. Pourtant, elle n'avait pas le bon nombre de pièces, il faudrait prévoir des travaux pour avoir les 2 chambres d'enfants, il y avait une salle de bain à faire, la porte et les fenêtres étaient tout sauf étanches, et surtout, elle était totalement hors budget compte-tenu des travaux à faire!

Alors on est repartis en chasse, le problème c'est que cette maison nous restait en tête.... Mais la chance nous a souri: les propriétaires, pressés de vendre, ont finalement accepté de baisser leur prix à un niveau correspondant au marché, et nous avons pu prendre possession de notre maison biscornue. Parce qu'elle est biscornue cette maison: ayant été surélevée, l'escalier pour l'étage part du fond de la cuisine, qui est ouverte sur l'entrée. Et puis il y a un couloir très large à l'étage, place perdue pourrait-on dire, mais qui nous a donné immédiatement l'impression d'espace qu'on cherchait. Notre chambre est immense, avec une mezzanine transformée en dressing dont l'escalier d'accès (japonais, pas simple de monter) désorganise l'espace de la chambre ;-) L'espace des enfants se compose d'une petite chambre et d'une immense salle de jeux, tout communiquant, avec une partie sous mezzanine (inaccessible, c'est fort pratique), et une partie avec 5 m sous plafond (autant vous dire que je ne fais pas souvent les toiles d'araignées ;-)). Si on décide un jour de transformer ça en 2 chambres (si on n'a pas déménagé, pour ceux qui suivent), ce sera une vraie galère, on voudrait créer un étage en plus, mais comment remettre un escalier....
En clair, cette maison n'est pas conçue de manière très classique, elle n'est pas très bien finie, on a eu des fuites du toit, on a découvert que la garantie décennale des travaux était fausse, mais pourtant, cette maison nous ressemble. Elle est simple, pas toujours pratique, mais chaleureuse. C'est sûr, elle n'est pas parfaite, mais on s'y sent vraiment chez nous!

Alors je sens que la quitter sera compliqué, trouver un autre nid pour notre famille, qui nous corresponde vraiment, ça va nous prendre du temps! En attendant, on a un chantier de salle de bain à préparer, va falloir s'y mettre!!!!!

mercredi 26 novembre 2014

Lecture: Meursault, contre-enquête


Ce roman, j'en ai entendu parler, comme beaucoup, à l'occasion des prix littéraires, puisqu'il était présélectionné pour le Goncourt et le Renaudot, en particulier via les commentaires de blogueuses qui attendaient les résultats de ces prestigieuses récompenses.
Je dois avouer que pour ma part, je suis peu sensible aux prix littéraires (je suis déconnectée pour ça), sauf le Goncourt des lycéens par lequel je suis souvent séduite (je dois avoir gardé une âme de jeune fille ;-))

Revenons à nos moutons, ou plutôt à ce roman que j'ai eu la chance de trouver à la bibliothèque (en général les livres médiatiques, je les trouve des années après). J'ai essayé par la même occasion d'emprunter "L'étranger", de Camus, pour faire le lien, mais celui-là manquait à l'appel....et à la maison je ne l'ai pas retrouvé dans mes étagères (il doit probablement se trouver chez mes parents ou l'un de mes frères, quoique ça j'en doute un peu!).
Je m'excuse d'avance du côté un peu "brouillon" de cette critique, pour la première fois j'ai eu vraiment du mal à mettre en mots ce qui fait que j'ai aimé ce roman (parce qu'ill m'a beaucoup plu). Je vous recommande d'aller lire la critique de Val, que je n'ai lue qu'après coup et qui dit bien mieux que moi tout ce que je voudrais vous dire.

Résumé: Il est le frère de “l’Arabe” tué par un certain Meursault dont le crime est relaté dans un célèbre roman du xxe siècle. Soixante-dix ans après les faits, Haroun, qui depuis l’enfance a vécu dans l’ombre et le souvenir de l’absent, ne se résigne pas à laisser celui-ci dans l’anonymat : il redonne un nom et une histoire à Moussa, mort par hasard sur une plage trop ensoleillée.
Haroun est un vieil homme tourmenté par la frustration. Soir après soir, dans un bar d’Oran, il rumine sa solitude, sa colère contre les hommes qui ont tant besoin d’un dieu, son désarroi face à un pays qui l’a déçu. Étranger parmi les siens, il voudrait mourir enfin…

Commençons par ce qui m'a déplu dans ce roman: je ne me souvenais pas bien du roman de Camus, ça a un peu pollué ma lecture car le narrateur y fait souvent référence. La deuxième chose qui m'a gênée, c'est le fait que Camus est "gommé": dans le roman de Daoud, c'est Meursault lui-même qui a écrit son histoire. "L'Etranger" en lui-même sert de base, mais c'est sous une forme et un titre modifiés qu'il est introduit par Daoud qui renforce l'importance de Meursault par rapport à sa victime en lui offrant la paternité du récit originel, renvoyant encore plus le frère d'Haroun à son anonymat.

Maintenant que le tour des points négatifs est fait, voilà les points positifs: premièrement, j'ai beaucoup aimé cette idée de donner vie à la victime de Meursault, cet homme sans qui le roman initial n'existerait pas, mais qui n'a pas d'identité réelle dans ce premier opus. Daoud lui construit une famille, un passé, et son meurtre anonyme fait basculer le destin de cette famille, plongée dans la douleur d'un deuil qui n'est pas reconnu en dehors de leur quartier, parce que seul le meurtrier a été identifié, quand sa victime est restée "l'Arabe", sans identité, sans corps, sans reconnaissance.

Sa famille, c'est sa mère, qui après avoir perdu un mari évaporé dans la nature, perd un fils dont le décès n'est pas reconnu, ne lui permettant pas la reconnaissance de la nation pour cette perte. Elle va s'enfermer dans sa douleur, et enfermer son autre fils dans l'ombre de son frère qui n'aurait pas dû disparaître.
Cet autre fils, c'est Haroun, le narrateur, lui qui a suivi sa mère, qui va l'aider à assouvir sa vengeance, mais qui ne trouvera jamais sa place parmi ses semblables.

Une autre force de ce roman, c'est son ancrage dans l'Histoire, dans le bouleversement de l'indépendance de l'Algérie. Ces changements vont influer sur l'histoire d'Haroun et de sa mère, vont permettre la vengeance, mais encore une fois, comme la mort de Moussa, à contre-temps: Moussa est mort trop tôt, ne lui permettant pas d'être reconnu comme martyr, et son frère se venge trop tard, quand son acte devient passible de justice.
Tout cela ajoute à l'impression qu'Haroun n'est pas à sa place, il ne fait pas ce que son pays attend de lui, il ne fait pas ce que ses compatriotes attendent de lui, il ne s'est pas engagé dans le maquis, n'est pas croyant....Il y a d'ailleurs dans ce roman une forme de critique du fanatisme religieux qui rejette les plaisirs de la vie et conditionne les comportements, par les nombreuses allusions d'Haroun à ce qui pouvait être fait par le passé.

Et puis il y a la place du français, et la place du livre de "Meursault": Haroun va apprendre le français, "pour retrouver un assassin" (p.130). C'est en français que sont écrits les deux coupures de journaux narrant le crime de Meursault. Et à partir de ces coupures, Haroun va broder pour sa mère, pour lui offrir ce que la réalité ne lui a pas donné: le récit de la mort de son fils. Mais le véritable récit, ils le découvrent par hasard, et leur univers bascule: "Tout était écrit" (p. 138), mais eux seuls ne le savaient pas. La langue qu'Haroun a apprise pour retrouver le meurtrier de son frère est celle qui a permis à l'assassin de devenir célèbre, d'effacer son crime : "Le premier savait raconter, au point qu'il a réussi à faire oublier son crime..." (p.11). Et ce récit, loin de rendre justice à Moussa, le renvoie encore plus à son anonymat, renforçant la col!re d'Haroun.

Ce livre, il m'a beaucoup plu, mais il est extrêmement riche, trop pour que j'arrive à vous en dévoiler toutes les finesses sans révéler les clés de l'histoire, celles qui font qu'on ne lâche pas ce livre, emportés par le récit de ce narrateur si particulier.

vendredi 21 novembre 2014

Lecture: La voleuse de livres


Ce livre, je l'ai emprunté par hasard, et un peu par défaut, à la bibliothèque. Par hasard, parce qu'il était sur le présentoir à l'entrée, dans les nouveautés, du coup il m'a sauté aux yeux. Il faut dire qu'avec un titre pareil, comment ne pas être attirée..... Par défaut, parce que finalement, le résumé me paraissait moins tentant que le titre, qu'en le feuilletant ça me parlait moins, mais comme je n'avais rien trouvé d'autre à emprunter, je l'ai pris.
En passant à l'enregistrement, la bibliothécaire m'a indiqué qu'elle ne l'avait pas lu, mais qu'elle avait eu des retours extrêmement enthousiastes à son sujet.

Résumé: Narratrice dotée d’un humour noir, sarcastique mais compatissant, la Mort est témoin de la folie des hommes. Face à Liesel Meminger, l’enfant rebelle qu’elle a surnommée la « voleuse de livres », elle accepte de changer les règles. Trois fois cette fillette a croisé la Mort et trois fois la Mort s’est arrêtée. Est-ce sa force qui l’a sauvée ? Ou le secret qu’elle préserve comme le plus précieux des trésors ?   
L’histoire de Liesel peut changer la vie de celui qui la lit…

Ce roman m'a plu, c'est indéniable, mais je ne crois pas pouvoir dire que c'est un coup de coeur. Peut-être parce que je suis tellement fatiguée que j'ai eu du mal à lire plus de 5 pages par soir, du coup ça n'aide pas à entrer dans un livre.
Mais ça a quand même été un très bon moment de lecture. D'abord grâce à l'idée originale de faire raconter l'histoire par la Mort, celle qui vient chercher les âmes et associe des couleurs à ses passages sur Terre. Cette histoire se passe en Allemagne sous la domination du nazisme, une période où la Mort est occupée à temps plein par la guerre et l'Holocauste, et je trouve que la transformer en narratrice permet de mettre en mots ce qui n'aurait pas dû arriver.

Deuxième point fort de ce roman: la force des liens entre les hommes. Dans cette période d'horreur, c'est l'amitié, l'amour, l'entraide qui permettent à tous de survivre, et qui rendent l'histoire profondément humaine. Ce sont ces liens qui permettent à Liesel de tenir le coup après la mort de son frère et son déracinement, qui permettent à Max de se raccrocher à la vie, ou à la femme du Maire de reprendre pied.

Et puis surtout, il y a Liesel, et la lecture. Liesel, c'est une petite fille grandie trop vite par les épreuves de la vie, qui se retrouve confrontée au malheur, à la mort, au secret, qui apprend à survivre malgré tout, en particulier grâce aux livres qui parcourent son chemin. Ces livres vont lui permettre de grandir, et de créer des liens avec son entourage. J'ai aimé l'apprentissage de la lecture au sous-sol en pleine nuit, les livres volés avec la complicité de leur propriétaire légitime, lien créé qui sortira Ilsa de son isolement, et donnera à Liesel un soutient quand tout son univers s'effondrera, la lecture dans l'abri anti-bombe pour surmonter l'angoisse de l'attente, lecture pour guérir Max de sa maladie et le faire revenir au monde....
Cette lecture qui soutient Liesel, ça m'a parlé, parce que pour moi aussi la lecture est indispensable pour tenir. C'était le cas quand j'étais une petite fille timide et renfermée, qui passait ses récrés à la bibliothèque, et c'est le cas aujourd'hui quand je veux m'évader du quotidien, en laissant les mots m'emporter ailleurs.

J'ai trouvé que ce roman abordait une période particulièrement dure sous un angle de "douceur", montrant que même en ces temps du pire, les hommes sont capables aussi capable du meilleur.

Alors même si ce n'est pas un coup de coeur, ce fut vraiment un plaisir de lecture, qui me laissera un goût d'espérance dans la nature humaine, et qui conforte mon idée que la lecture permet de dépasser le quotidien et les difficultés.

mardi 18 novembre 2014

Un livre, un lieu

J'ai été taguée par Galéa, sur le thème "Un livre, un lieu". Ce tag est un véritable défi pour moi, d'abord parce qu'à la base j'ai une mémoire de poisson rouge: c'est mon frère qui me sert de disque dur externe pour toutes les souvenirs de notre enfance, genre je ne me souviens même pas de comment était l'appart' qu'on a habité jusqu'à mes 8 ans.....(j'ai des flashs, je sais comment était le papier peint de la cuisine, mais pas du tout comment était ma chambre...). Et puis chez moi la lecture est une sorte de passage dans un monde parallèle, quand je lis plus rien de ce qui m'entoure n'existe (au point de ne pas entendre les gens qui me parlent, ce qui énerve mon cher et tendre). Ajoutez à ça le fait que je ne retiens pas les titres des livres que je lis (la boulette capable d'emprunter plusieurs fois le même livre à la bibliothèque, et qui s'aperçoit au bout d'1 page qu'elle a déjà lu le livre, c'est moi!), et vous comprendrez qu'aller relier des livres et des lieux est un véritable challenge pour moi!

Cela dit, c'est un honneur pour moi d'être taguée par Galéa, je vais donc essayer d'exhumer mes souvenirs! Je vous préviens d'avance, on risque de ne pas rester dans la grande littérature, j'espère qu'à la fin je ne serais pas blacklistée ;-) Et comme j'aime bien justifier ce que j'écris (c'est mon côté scientifique), je vais faire comme Galéa, et vous raconter en partie ma vie avec ;-)



Le premier livre qui me vient, "Félicie la Souris", d'Enid Blyton (eh oui, ça vient de là mon pseudo!): je le lisais à la campagne, dans la maison de vacances de mon enfance. Il était rangé dans la bibliothèque qui était à la jonction entre le salon et la salle à manger, entre les Sylvain et Sylvette et les livres des plus petits, et je le dévorais, assise sur le carrelage dos au mur pendant que mes cousins et cousines jouaient autour. Je ne sais pas ce qu'il est devenu, à chaques vacances j'allais le chercher, un jour je ne l'ai plus trouvé, à mon grand désespoir!



Saut dans le temps pour mon deuxième souvenir: "Le chien des Baskerville", de Arthur Conan Doyle. J'avais une dizaine d'année, mes parents étaient sortis en nous laissant en auto-garde avec mes frères (on avait négocié de rester seuls et d'avoir chacun 10 francs - oui, oui, je suis vieille - plutôt que d'être gardés par un baby-sitter incompétent à qui on avait dû expliquer comment faire cuire la pizza!), et j'ai dévoré tout le livre cachée sous mes couvertures. A chaque bruit dans l'appart' je m'enfonçais de plus en plus dans mon lit, et j'ai bien flippé ensuite quand il a fallu que je sorte de ma chambre pour aller aux petits coins. Ca a duré un certain temps d'ailleurs, c'est ma première grande trouille de polar!


Numéro 3: Classe de 5ème, je suis opérée de l'appendicite, et ma tante m'offre à l'hôpital "Au Bonheur des Ogres" de Pennac, ainsi que les 2 tomes suivants.  J'ai adoré, ça reste une de mes lectures favorites, et ça a fait l'unanimité de toute la famille.

J'aurais pu mettre aussi "Aux fruits de la passion" (avant-dernier tome de la série) dans ce thème, puisqu'il m'a été offert par 2 super copains de prépa qui étaient venus à Nantes passer le week-end pour mon 21ème anniversaire! Ce fut un magnifique week-end, j'étais la seule looseuse de la bande à ne pas avoir intégré une école parisienne, et leur visite a été mon plus beau cadeau! Ils ont du coup été les premiers à entendre parler de Mr Souris, que je "fréquentais" depuis un mois ;-)


Toujours dans les souvenirs d'enfance, le 29/12/1993, au Leclerc de mon bled (oui, j'achète mes livres en supermarchés, bouhhhhh), dédicace par Joseph Joffo de "La jeune fille au pair". Deux ans plus tard, au même endroit, il me dédicacera "Je reviendrai à Göttingen". Ce sont les seuls livres dédicacés que j'ai, j'y tiens!







Livre suivant, on repasse dans l'angoisse, avec "Ca" de Stephen King (et mes débuts dans son univers). Je suis incapable de vous donner une date, ni d'ailleurs comment j'avais récupéré ce bouquin, par contre c'était chez mes parents, assise par terre contre mon lit (c'est toujours comme ça que je lisais), et là encore, mon imagination m'a fait éviter les bouches d’égouts pendant un certain temps. Cela dit, j'ai continué à dévorer les romans du même auteur (et à alimenter mes flips, je sais, je suis maso).





Souvenir n° 6: 1993/1994, classe de seconde, "Bel-Ami" de Maupassant: cette année-là quand la prof de français a découvert que j'avais déjà lu toutes les nouvelles de Maupassant (mon père avait
récupéré les 2 tomes de Contes et Nouvelles en La Pléiade que j'avais dévorés d'une traite), elle m'a regardé comme une extra-terrestre (ce que j'étais déjà aux yeux de toutes mes camarades de classe depuis la 4ème, quand elles ont découvert que je lisais 10 livres par semaine....à l'époque je n'avais pas de "concurrente" en terme de lecture ;-)). Du coup, 15 ans après elle se souvient toujours de moi (je l'ai croisé à plusieurs mariage de cousins, c'était une amie d'une de mes tantes), et réciproquement d'ailleurs, elle a été ma meilleure prof de français en 7 ans!


Restons dans les années lycées, quand j'ai quitté les bibliothèques "placard" tenues par des mamans volontaires (à qui il fallait que je prouve chaque année que oui, je pouvais emprunter  10 livres et les rendre lus la semaine suivante), pour accéder à la bibliothèque "officielle" du lycée, tenue par une bonne soeur qui est devenue ma meilleure amie pendant 3 ans! Elle me prêtait les nouveautés directement après les autres religieuses (qui étaient prioritaires), et me conseillait pour mes choix de lecture. Grâce à elle, j'ai découvert (entre autres) "L'enchanteur" de Barjavel. Là encore, ça reste un de mes meilleurs souvenirs de lecture, avec "Le meilleur des mondes" de Huxley, que j'ai dû lire à la même période.


Les années de prépa, ce ne sont pas les romans qui ont laissé des traces, mais des BD, en particulier "Thorgal", qu'on lisait avec mes potes, entassés dans la piaule de celui qui nous les prêtait, pour décompresser entre 2 khôlles de maths ou de physique! C'est de là que vient mon goût pour les séries de BD, goût partagé avec Mr Souris, au point que ce fut le thème des tables de notre mariage!






Après la prépa, 1999, Nantes, premier cadeau d'anniversaire que m'a fait Mr Souris (au bout d'1 mois ensemble): "Combustion", de Patricia Cornwell. Il ne savait pas encore que si j'adore lire, m'offrir un livre sans avoir vérifié si je l'ai lu est un gros risque. Ouf, je ne l'avais pas lu!




Mai 2004: l'Australie en amoureux, 3 semaines entre Sidney et Cairns. Mr Souris ne voulait pas que je parte pour 3 semaines avec 10 tonnes de livres, j'ai dû acheter sur place de quoi m'occuper, et fait mes premiers pas dans la lecture en V.O. avec "Digital Fortress" de Dan Brown. Depuis je ne lis plus qu'en français ;-)





Ca y est, j'ai atteint les 10 livres, en n'allant que jusqu'à 2004! Bien sûr, depuis 2004 j'en ai lu des livres, en creusant un peu je pourrais continuer la liste, mais je crois qu'avec ça vous avez déjà un petit aperçu de moi (si vous n'avez pas lâché l'affaire avant!), et je crois que ce sont ces années-là qui sont les plus révélatrices sur moi, parce que pendant ces années là, la lecture a joué un rôle énorme dans ma vie, pour moi qui étais timide, renfermée.... Depuis j'ai toujours autant besoin de lire, mais la vie de famille me laisse moins de temps, je "cible" plus mes lectures pour ne pas perdre de temps, donc d'un certain côté presque toutes mes lectures sont de "bonnes lectures", mais je n'ai plus autant de "coups de coeur imprévus", donc peut-être moins de chance de garder en mémoire ces livres dans quelques années! RDV dans quelques années!!!

Je ne suis pas très douée pour faire passer les tags, je ne nomine personne, mais n'hésitez pas à vous lancer!

vendredi 14 novembre 2014

Culture musicale


Pour motiver mon fils à ne pas trop prendre la vie au sérieux, je lui avais chanté ça la semaine dernière (enfin juste le refrain, le reste je ne connais pas ;-)):

Pour le refrain, c'est à 1'26

Ca avait beaucoup plu à ma fille, du coup hier pendant qu'ils étaient dans la baignoire, je leur ai fait écouter. Et comme ils réclamaient encore de la musique (en fait ils veulent surtout les images....), je leur ai fait écouter ça, que j'avais beaucoup aimé chanter étant petite:


Oui, ça ne me rajeunit pas, d'autant que moi ce n'est pas 20 ans que j'ai eu en l'an 2001, mais bon... Et je sais, mes goûts musicaux étaient déjà pourris, mais la suite de ce post ne va pas me permettre de remonter dans votre estime ;-)

Parce que comme ils en réclamaient toujours plus, et des chansons qu'ils ne connaissaient pas, je me suis rabattue sur de bons vieux classiques:





et....



Et ben ça les a fait beaucoup rire, surtout la dernière qu'ils ont repris en coeur en se pliant en 2 à chaque fois!!!!

Alors oui, je sais, ça ne vole pas haut, et surtout ne me remerciez pas de vous avoir mis ça dans la tête, mais parfois ça fait du bien!

Bon week-end à tous!

vendredi 7 novembre 2014

Lecture: Vestiaire de l'enfance


Parce que c'est un auteur cher à Galéa, et que je n'avais rien lu de lui, j'ai décidé à mon dernier passage à la bibliothèque de me lancer dans Modiano. J'ai pris un peu au hasard, et j'ai emprunté "Vestiaire de l'enfance". Je précise que c'était avant qu'il décroche le Nobel ;-)

Quatrième de couverture: «Quand je l'ai aperçue, assise près de la grille en fer ouvragé qui sépare le café de la salle de billard, je n'ai pas tout de suite distingué les traits de son visage. Dehors, la lumière du soleil est si forte qu'en pénétrant au Rosal, vous plongez dans le noir.La tache claire de son sac de paille. Et ses bras nus. Son visage est sorti de l'ombre. Elle ne devait pas avoir plus de vingt ans. Elle ne me prêtait aucune attention.»«Toute personne susceptible de nous donner d'autres détails sur ces sujets est priée de nous écrire.»

Peut-être que ce n'était pas la bonne semaine pour le lire, même si en fait je l'ai commencé il y a plusieurs semaines, posé et repris, mais je n'ai pas accroché avec ce roman.
Rien à dire sur l'écriture, mais je ne suis pas entrée dans cette histoire, je n'ai pas vraiment trouvé de fil conducteur, je n'ai pas compris la fin.
Dès le départ, j'ai été gênée par le personnage principal, on devine des parties de sa vie sans que ce soit très clair, on ne sait pas quelle est cette ville où il vit, on ne sait pas pourquoi il a quitté la France, même si certaines allusions finissent par laisser deviner un secret un peu trouble.

La rencontre avec Marie le fait replonger sans ses souvenirs, on revit une partie de son passé qui se mélange avec le présent, comme le narrateur on se demande si cette jeune inconnue est la petite fille dont il s'occupait par le passé, mais rien ne permet de trancher, et j'aurais eu besoin de savoir, de ne pas rester sur cette incertitude, sur cet inachevé.

Au final, une lecture qui ne m'a pas marquée, un rendez-vous raté avec cet auteur. Je vais essayer de trouver d'autres titres de lui à la bibliothèque pour ne pas rester sur cette impression, pour lui laisser une chance de me convaincre au travers de ses écrits.