jeudi 20 octobre 2016

Lecture: L'amie prodigieuse


Ce livre m'a été recommandé par Miss Léo et Galéa quand je cherchais des lectures pour cet été....il m'a fallu un peu plus de temps que prévu pour le sortir de ma PAL.

Résumé: Elena et Lilva vivent dans un quartier pauvre de Naples à la fin des années cinquante. Bien qu'elles soient douées pour les études, ce n'est pas la voie qui leur est promise. Lila abandonne l'école pour travailler dans l'échoppe de cordonnier de son père. Elena, soutenue par son institutrice, ira au collège puis au lycée. Les chemins des deux amies se croisent et s'éloignent, avec pour toile de fond une Naples sombre, en ébullition.

J'avais entendu beaucoup de bien de ce roman, j'ai eu un peu de mal à rentrer dedans. Peut-être aussi parce que je n'avais pas la tête à ça, et que les instants volés ne me permettaient pas de profiter de tout ce qu'Elena Ferrante nous apporte dans ces pages. Mais après ce démarrage difficile, je me suis laissée emporter dans ce quartier napolitain populaire, où les habitants vivent en vase clos, où règnent les conflits intra et extra familiaux, la violence, les rivalités...

L'histoire débute par la disparition de Lila qui s'évanouit corps et biens dans la nature. Elena, sa grande amie, remonte alors le temps pour nous narrer leur histoire.

Dès son plus jeune âge, Lila est une petite fille pas comme les autres, elle ne cherche pas à se faire aimer, elle domine les autres enfants par son intelligence hors norme. Au contraire, Elena est effacée, elle vit dans l'ombre de Lila, toujours derrière, moins brillante, moins audacieuse.... et pourtant c'est elle qui va avoir la chance de pouvoir continuer ses études, malgré l'opposition de sa mère, et devenir une étudiante brillante, alors que Lila quant à elle doit renoncer à l'avenir qui lui est promis pour aller travailler aux côtés de ses parents.
Tout au long du roman, Elena nous décrit cette relation très particulière qui les lie, relation dominée par Lila qui même quand la vie semble privilégier Elena reprend toujours l'ascendant: dominance intellectuelle, puis dominance physique quand elle devient la fille la plus courtisée du quartier...
Elena a besoin de la caution de Lila pour se valoriser, elle s'évalue à l'aune du regard de son amie, ce qui la conduit à se dévaloriser plus qu'à se mettre en valeur.
Je n'ai pas trouvé Lila spécialement sympathique, peut-être parce que je ressemble plus à Elena qu'à Lila, plus suiveuse que meneuse, plus besogneuse que créative. Mais on sent des failles derrière sa façade parfois dure et moqueuse, celles d'une petite fille qui voit ses rêves se briser, et qui tente de forcer son destin en apprenant par elle même, et en trouvant des échappatoires avec les moyens à sa disposition, puisqu'elle ne peut totalement briser le cadre, même si cela impacte parfois négativement son entourage...

Autour de ce duo gravitent leurs familles, leurs voisins, leurs amis, un monde dans lequel on est immergés, voire submergés. C'est une véritable communauté, tout le monde se connaît, les rivalités, les rancœurs, les histoires entre familles régissent le fonctionnement du quartier. C'est à cette vie en vase clos qu'Elena et Lila voudraient échapper, mais seule Elena va pouvoir à travers ses études découvrir ce qui se passe ailleurs, ce qui génère des tiraillements entre ce qu'elle vit au quotidien, et ce qu'elle sait exister à l'extérieur. Lila quant à elle va trouver une solution "interne" pour échapper à sa famille et à l'avenir que ses parents veulent lui tracer, renforçant la distance avec le destin qui semble s'ouvrir à Elena.

Seul petit hic, j'ai été un peu dérangée par la temporalité du livre: j'ai eu du mal à suivre le passage des époques, ne sachant pas toujours à quel âge des filles se situaient les différents épisodes. Elles paraissent très mures très vite, alors même qu'à la fin elles n'ont même pas 18 ans. De même, le roman n'est que peu situé dans le temps, même si les références à la politique ou les modèles de voitures permettent de se situer (à condition de s'y connaître...).

Au final une belle découverte, même si la fin appelle une suite que j'ai hâte de lire!

lundi 17 octobre 2016

Lecture: Maggy Garrisson (BD)


Ce que j'aime particulièrement à la bibliothèque, c'est découvrir des livres et BD que je n'aurais jamais lus si les bibliothécaires ne les avaient pas mis en avant. Je leur en suis extrêmement reconnaissante, car ils me permettent d'élargir mon horizon et mes lectures grâce à leurs conseils!

Aujourd'hui, c'est sur une série de BD que je suis tombée.

Résumé: Même dans l'agence miteuse d'un détective alcoolique, un boulot, ça reste un boulot. Et depuis le temps qu'elle en cherche un, Maggy Garrisson veut bien faire quelques concessions. D'autant qu'il y a toujours moyen de se faire quelques billets, quand on est prêt à aider son prochain et qu'on sait faire preuve d'un minimum de présence d'esprit. Ce qui semble d'ailleurs sacrément manquer à Anthony Wight, son patron, qui s'est fait passer à tabac cinq jours après qu'elle eut commencé à travailler pour lui et qui ne reprend connaissance que pour lui demander de lui apporter son vieux portefeuille à l'hôpital. Menue monnaie, facturette, reçu de parking, coupons pour une salle d'arcade… Pas de quoi faire le déplacement, et pourtant, quand Maggy constate qu'elle est suivie dans la rue, elle flaire le coup fourré. Car sous leur aspect anodin, les coupons semblent susciter une vraie convoitise.

Maggy Garrisson est une femme comme les autres, qui a besoin d'un boulot, qui fait attention à ce qu'elle dépense, cherche un homme, et noie sa solitude dans la bière. Ayant dégotté un travail par relation chez un détective privé alcoolique, elle se retrouve embringuée dans une histoire compliquée qui sert de fil conducteur aux 3 épisodes de ce premier cycle, à partir de 3 coupons pour une salle de jeux qui pourtant paraissaient si anodins....
En parallèle, Maggy va mener ses propres enquêtes, de la recherche du canari de la voisine au propriétaire d'un container vendu aux enchères, avec pas mal de réussite pour une détective amatrice!

J'ai aimé l'ambiance de ces 3 tomes, les personnages très réels, et la vraisemblance du récit qui nous plonge dans les aventures de cette enquêtrice malgré elle.
J'espère que les auteurs ne s'arrêteront pas là et nous donneront le plaisir d'un nouveau cycle!

A découvrir pour tous les amateurs de BD et polars qui sont parfaitement réunis dans ces 3 tomes!

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Nouvelle participation à "A year in England"

dimanche 16 octobre 2016

Lecture: Ce n'est pas toi que j'attendais


Cette BD, j'en avais entendu parler chez Galéa et chez Jérôme, mais j'étais je l'avoue très réticente à la lire. Et puis aujourd'hui, je l'ai trouvée à la bibliothèque...

Résumé: Dans la vie d'un couple, la naissance d'un enfant handicapé est un ouragan, une tempête. Quand sa petite fille naît porteuse d'une trisomie non dépistée, la vie de Fabien s'écroule. De la colère au rejet, de l'acceptation à l'amour, l'auteur raconte cette découverte de la différence. Un témoignage poignant qui mêle, avec délicatesse, émotion, douceur et humour.

Je n'avais pas envie de lire cette BD pour plusieurs raisons: d'abord parce que des gens qui me sont très proches ont été confrontés au risque de trisomie pendant la grossesse, avec le choix ou non de l'amniocentèse, et de ce qui pouvait découler des résultats. Et puis parce que ces sujets là sont extrêmement personnels: tout le monde n'a pas la même façon de réagir, tout le monde n'a pas la même capacité à supporter une situation difficile, et chaque choix est éminemment respectable, qu'on soit d'accord ou non avec la décision prise.

J'avais donc peur de ce que l'auteur pourrait nous dire, des messages qu'il voulait faire passer, mais j'ai eu tort!

Dès le départ, Fabien Toulmé met des mots sur son angoisse, dès la première échographie: la peur que son bébé soit trisomique. Cette angoisse sous-jacente à toute la grossesse, mais qui ne sera jamais confirmée tout au long des examens va se réaliser à la naissance. Et la question n'est pas de savoir ce qu'ils auraient fait ou non si ils l'avaient appris plus tôt, mais ce qu'ils ont vécu en apprenant que leur fille n'était pas "normale". Et plus particulièrement ce que lui a vécu, et comment il l'a vécu: même si sa femme est présente dans son récit, on n'a finalement pas son ressenti à elle, ou alors à travers son ressenti à lui.

Il faut le reconnaître, il m'a profondément ému, en particulier parce qu'il ne cherche pas à se rendre meilleur qu'il ne l'a été. Au départ il a du mal à accepter la nouvelle, à accepter sa fille telle qu'elle est, à voir leur avenir, et il nous le dit franchement. Et il nous montre ensuite comment son amour pour sa fille a éclos, au fil de leur vie commune, comment elle a su trouver sa place dans leur famille.
Il ne nous fait pas la morale, il ne cherche pas à défendre une position, juste à nous dire ce qui s'est passé pour lui, pour eux, et j'ai trouvé cette honnêteté touchante. Dans un monde où on doit être des parents parfaits, où les réseaux sociaux fourmillent de photos de maison rangée, d'enfants parfaitement habillés, et de mamans/papas au top, sans failles et sans faiblesses, reconnaître qu'on est imparfait, que l'amour pour son enfant n'est pas inné mais acquis, et que tout n'est pas toujours si simple me paraît admirable!

Une très belle découverte, merci à Jérôme et Galéa d'avoir planté la petite graine de cette lecture dans ma tête!

samedi 15 octobre 2016

Lecture: Harry Potter et l'enfant maudit


Plus de 3 semaines depuis mon dernier post, manque de temps, manque d'envie, moral dans les chaussettes, autant de raisons qui m'ont tenue éloignée de mon clavier.
Lecture plus difficile aussi, la fatigue me pousse vers la télé et les romans faciles.

Mais l'annonce de la sortie du dernier opus des aventures d'Harry Potter ne pouvait que faire réagir la fan que je suis. Même si ce huitième tome est le texte d'une pièce de théâtre, et non un nouveau roman, je n'ai pas résisté longtemps (1 journée, le temps d'aller l'acheter ;-)).

Résumé: Etre Harry Potter n'a jamais été facile et ne l'est pas davantage depuis qu'il est un employé surmené du Ministère de la Magie, marié et père de trois enfants. Tandis que Harry se débat avec un passé qui refuse de le laisser en paix, son plus jeune fils, Albus, doit lutter avec le poids d'un héritage familial dont il n'a jamais voulu.
Le destin vient fusionner passé et présent. Père et fils se retrouvent face à une dure vérité: parfois, les ténèbres surviennent de endroits les plus inattendus.

Comme l'ensemble de la série, ce livre est addictif. Le fait d'avoir vu les films de la série permet de personnifier ce texte de théâtre qui demande de savoir imaginer les décors et les liens qu'on ne peut visualiser.
Je pense que la pièce doit vraiment valoir le coup, et j'ai apprécié ma lecture, même si malheureusement la forme qui a été choisie pour cette suite ne permet pas la même profondeur que le reste de la saga: comme pour toute pièce de théâtre, on ne peut multiplier les acteurs, ce qui limite le nombre de personnages et centre l'intrigue sur Harry et son fils Albus, et Drago et son fils Scorpius. Ron, Hermione et Ginny sont bien sûr de la partie, car comment imaginer Harry sans ses fidèles amis, mais on ne retrouve pas les mythiques scènes dans Poudlard, les autres survivants sont parfois évoqués mais inexistants....

Bon moment de lecture, oui, mais loin de ce que les précédents épisodes de la saga nous avaient offert: Harry, Ron et Hermione sont présents, mais c'est comme si vieillir avait disparaître tout ce qui a fait d'eux ce mythique trio. Même si on retrouve un peu l'Hermione moralisatrice de leur jeunesse, leur fonctionnement et leur complicité n'apparaît pas dans cet opus. Ron en particulier est quasi inexistant, et Hermione semble loin de la brillante étudiante qu'elle était pendant les 7 ans à Poudlard. Pas d'aventures magiques extraordinaires, peu de combats magiques, et comment remplacer les cours à Poudlard, les matchs de Quidditch, les portraits qui parlent, les escaliers qui bougent et les incroyables banquets dans la grande salle?

Sans vouloir spoiler l'histoire, ce qui m'a plu ce sont les relations pères/fils compliquées (peut-être me renvoient elles à ce que je vis au quotidien avec mon loulou, dont j'ai tant de mal à trouver les clés), et les mondes parallèles dans lesquels on est plongés, ces mondes qui auraient pu arriver si....

L'analyse peut ne pas donner envie de lire ce nouvel opus, et pourtant je ne regrette pas mon achat (compulsif), parce qu'Harry finalement a vieilli, comme moi, et que ce héros qui a été confronté a bien des épreuves magiques se retrouve face à l'épreuve peut-être la plus compliquée de sa vie: l'éducation de son fils!

J'espère que la pièce sera adaptée en France, et que j'aurai le plaisir d'aller la découvrir "en vrai"!

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Nouvelle participation à "A year in England"








vendredi 16 septembre 2016

Lecture: La fractale des raviolis


Pas de roman policier pour ma lecture du jour, mais un roman découvert encore une fois grâce à un superbe billet de Miss Léo.

Résumé: Il était une fois une épouse bien décidée à empoisonner son mari volage avec des raviolis. Mais, alors qu'approche l'instant fatal, un souvenir interrompt le cours de l'action. Une nouvelle intrigue commence aussitôt et il en sera ainsi tout au long de ces récits gigognes. Tout ébaubi de voir tant de pays, on découvre les aventures extraordinaires d'un jeune garçon solitaire qui, parce qu'il voyait les infrarouges, fut recruté par le gouvernement; les inventions stratégiques d'un gardien de moutons capable e gagner la guerre d'Irak; les canailleries d'un détrousseur pendant l'épidémie de peste à Marseille en 1720 ou encore la méthode mise au point par un adolescent sociopathe pour exterminer le fléau des rats-taupes.

A partir d'un fait somme toute banal, une femme qui veut assassiner son mari qui la trompe (:-)), on découvre des histoires qui se déboitent comme des poupées russes, avant de se remboîter, pour revenir au point de départ.

Cette lecture a vraiment été une très belle découverte: les histoires se déroulent comme au fil des pensées, des associations d'idées permettent de passer de l'une à l'autre, fil ténu qui relie chaque épisode à ceux qui l'entoure. On n'a qu'une envie, découvrir ce qui se cache dans les pages qui suivent!

Les récits sont croustillants, courts et pourtant complets: ils pourraient exister seuls, comme un recueil de nouvelles, mais la prouesse de l'auteur est en faire un roman cohérent qui nous emporte d'un épisode à l'autre, avec une symétrie qui permet de rebasculer vers l'origine du récit, comme une pelote débobinée qu'on rembobine.

Ce roman se dévore pour enfin atteindre son point final plein d'humour et d'ironie, un point final qu'on n'attend pas, et qui pourtant est juste ce qu'il fallait pour clore en beauté cette superbe découverte!

Ces raviolis sont à consommer sans modération, un grand merci encore une fois à Miss Léo pour ce conseil!

Lecture: Les petites filles


La rentrée est très compliquée cette année, au boulot et à la maison, où mon Souriceau a du mal à se remettre à l'école, je n'ai donc pas beaucoup de temps pour lire, et encore moins pour écrire. Mes chroniques en retard n'avancent pas, la pile a plutôt tendance à augmenter :-(

Compte-tenu de mon état de fatigue et de mon peu de temps et de concentration, les romans policiers ont ma préférence, dont "Les petites filles" que le billet de Miss Léo m'avait donné envie de découvrir.

Résumé: Bénévole dans une association qui s'occupe d'enfants, Lina est partie poursuivre ses études à Mou di en Chine. Thomas, lui, enquête pour une ONG sur les disparitions d'enfants (principalement des petites filles) qui sévissent depuis des décennies dans cette région reculée. La jeune femme accepte de lui servir d'espionne sur place où elle découvre vite les ravages de la politique de l'enfant unique. Mais ses questions vont semer le trouble dans le village. Quand un mystérieux assassin se met à éliminer un à un tous ceux qui semblaient savoir quelque chose, elle comprend que le piège est en train de se refermer sur elle...

 J'ai beaucoup apprécié ce roman qui alterne entre deux époques à 20 ans d'écart, et j'ai surtout été touchée par la partie concernant le passé. L'héroïne de 1991, c'est Sun, une jeune villageoise mère d'une petite fille, et enceinte d'un deuxième enfant, ce qui va à l'encontre de la politique de l'enfant unique imposée par l'Etat. Mais cette jeune femme courageuse est prête à braver cette politique pour garder sa fille, alors qu'il est courant que les familles se débarrassent de cette progéniture gênante pour tenter d'obtenir le Graal, un fils!

Rien de nouveau dans ce que nous raconte Julie Ewa, mais à travers son récit, et les personnages qu'elle met en scène, elle rend plus réel et proche de nous ce qui s'est passé si loin. Les femmes sont très présentes dans cette histoire, et pas toujours pour le positif: les jeunes femmes,  victimes de cette loi qui ne leur autorise qu'un enfant, et soumises au diktat culturel de l'importance du fils, elles d'avoir choisir entre se soumettre ou se battre. Et si Sun choisit de se révolter, les autres courbent la tête. Les vieilles femmes ont quant à elles souvent basculé dans le camp des bourreaux, humiliant leurs belles-filles incapables d'enfanter des fils, tuant les filles à la naissance... Cette cruauté de femmes qui ont pourtant elles-aussi vécu cela (sans pour autant avoir connu la contrainte de l'enfant unique), ces femmes qui ont souffert d'être nées femmes se retournent vers les plus jeunes pour les martyriser comme elles ont certainement dû l'être.
Et puis il y a les petites filles, qui ne sont même pas déclarées, qui peuvent disparaître sans que personne ne dise rien, ne fasse rien, que leurs parents n'hésitent pas à vendre au plus offrant. Ces petites filles qui ne comprennent pas pourquoi un jour elles sont arrachées à leurs racines, pour disparaître dans l'inconnu.
Tout en finesse, Julie Ewa nous rappelle ce qu'il peut advenir de ces petites filles après leur disparition, adoption pour les plus chanceuses, mais pour les autres trafic d'organe, prostitution... Elles sont l'objet d'un marché dont la politique de l'enfant unique a favorisé l'essor, permettant qu'elles disparaissent avec l'accord de ceux qui devraient la protéger, ses parents.

Comme Miss Léo, j'ai moins apprécié la partie "contemporaine" du récit, en particulier parce que Lina n'est pas vraiment crédible, elle est trop naïve, et à sa place je n'aurais jamais suivi en arrivant à l'aéroport un type que je ne connaissais pas.

Mais l'ensemble du roman fonctionne bien, les pièces du puzzle s'imbriquent au fur et à mesure pour une conclusion bien amenée. Une belle découverte, merci à Miss Léo!

dimanche 11 septembre 2016

Lecture: REVƎR


J'avais bien aimé "La mémoire fantôme", du même auteur, quand j'ai trouvé ce nouvel opus dans les nouveautés de la bibliothèque, je n'ai pas hésité.

Résumé: Si ce n'étaient ses cicatrices et les photos étranges qui tapissent les murs de son bureau, on pourrait dire d'Abigaël qu'elle est une femme comme les autres. 
Si ce n'étaient ces moments où elle chute au pays des rêves, on pourrait jurer qu'Abigaël dit vrai.
Abigaël a beau être cette psychologue qu'on s'arrache sur les affaires criminelles difficiles, sa maladie survient toujours comme une invitée non désirée. Une narcolepsie sévère qui la coupe du monde plusieurs fois par jour et l'emmène dans une dimension où le rêve empiète sur la réalité. Pour les distinguer l'un de l'autre, elle n'a pas trouvé mieux que la douleur.
Comment Abigaël est-elle sortie indemne de l'accident qui lui a ravi son père et sa fille ? Par quel miracle a-t-on pu la retrouver à côté de la voiture, véritable confetti de tôle, le visage à peine touché par quelques bris de verre ? Quel secret cachait son père qui tenait tant, ce matin de décembre, à s'exiler pour deux jours en famille ? Elle qui suait sang et eau sur une affaire de disparitions depuis quelques mois va devoir mener l'enquête la plus cruciale de sa vie. Dans cette enquête, il y a une proie et un prédateur : elle-même

Travaillant sur une enquête d'enlèvements d'enfants, Abigaël voit son destin basculer quand son père et sa fille meurent dans un accident de voiture dont elle seule réchappe. Mais tout est invraisemblable dans la situation, et la jeune femme tente de comprendre ce qui a pu conduire son père sur cette petite route de campagne, et à les emmener vers la mort. Cette quête vers la vérité va se retrouver reliée à l'enquête sur les enlèvements, la poussant à creuser toujours plus loin, au risque de sombrer dans la folie!

Avant même de commencer le roman, l'auteur s'adresse aux lecteurs, et nous prévient qu'on va être chahutés dans le temps, qu'il faut bien suivre les indications en tête de chapitre pour ne pas se perdre. Mais il n'y a pas que ça! Tout comme Abigaël, nous sommes ballotés entre rêves et réalité, tentant de comprendre avec l'héroïne si ce qu'on lit est réel ou l'expression de ses rêves, tout comme elle se demande si elle est dans le rêve ou la réalité.

Ce mélange des époques et des rêves/réalité nous plonge au plus profond de l'histoire, nous déroute, et nous entraîne aux côtés d'Abigaël dans une enquête haletante, ou l'on ne distingue plus le vrai du faux, ou tout s'imbrique pour mieux nous perdre, et nous emmener jusqu'à la fin de ce roman prenant.

Ce livre nous emporte, je n'ai pu le lâcher qu'une fois terminé, un bon roman policier à découvrir sans hésiter!